
Guerre au Moyen-Orient : Accord imminent USA-Iran, contenu potentiel
Un accord entre les Etats-Unis et l’Iran semble se rapprocher, avec un mémorandum d’entente d’Islamabad « n’a jamais été aussi proche », selon le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi. La signature de cet accord serait envisagée dans « les prochains jours », une fois finalisé.
Après des semaines de négociations difficiles et de multiples espoirs déçus, un accord entre les États-Unis et l’Iran semble se dessiner, pour de bon cette fois-ci. La signature d’un protocole, intitulé « mémorandum d’entente d’Islamabad [capitale du Pakistan, médiateur des négociations] », « n’a jamais été aussi proche », a annoncé sur X le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien a confirmé sur la télévision d’État qu’un accord avait été trouvé « sur la plupart des points » et qu’une réunion avait eu lieu pour « obtenir un consensus entre les instances décisionnelles » en Iran. Cette même note optimiste a été reprise par le Premier ministre pakistanais, principal négociateur, qui a déclaré que « la paix n’a jamais été aussi proche qu’aujourd’hui ».
À Washington, un haut responsable a exprimé sous couvert d’anonymat qu’il y avait « 80 à 85 % » de probabilité pour qu’un accord-cadre soit conclu, ouvrant une période de soixante jours pour des discussions techniques. Cependant, que contient cet accord ? Aucun texte officiel n’a été publié et les versions présentées par les médias iraniens et par Washington diffèrent de manière significative. Voici un point sur la situation.
### La version iranienne
L’agence de presse iranienne Mehr a diffusé vendredi ce qu’elle déclare être un projet de protocole en 14 points, assorti de conditions strictes : maintien du contrôle sur le détroit d’Ormuz, droit à l’enrichissement d’uranium, et déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l’étranger.
Dans une interview accordée à la télévision d’État vendredi, Abbas Araghchi a affirmé que le projet d’accord stipule la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d’Ormuz. « Le blocus naval doit être complètement levé. C’est le premier point mentionné dans l’accord », a déclaré le ministre des Affaires étrangères. « L’Iran a pris la décision ferme que l’administration du détroit d’Ormuz ne serait plus la même qu’avant », a-t-il précisé.
Abbas Araghchi a également affirmé que l’Iran propose de diluer les stocks d’uranium enrichi à 60 % sur son sol. « Notre position a toujours été que la seule façon de gérer les stocks de matières enrichies est de les diluer en Iran », a-t-il déclaré. La dilution de l’uranium à un taux inférieur à 5 %, bien en deçà des 90 % nécessaires pour produire une arme nucléaire, réduirait considérablement la menace d’un enrichissement militaire.
### Des divergences sur le nucléaire et les avoirs iraniens
Washington présente de son côté une version complètement différente du texte. Selon un responsable, le compromis envisagé devrait conduire à la réouverture de l’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Cela devrait également aboutir au « démantèlement » du programme nucléaire iranien et permettre aux États-Unis de récupérer l’uranium hautement enrichi, qui serait « détruit sur place » puis « sorti » du pays, contrairement à ce que les Iraniens ont avancé.
Concernant la question des avoirs, « les Iraniens ne recevront pas d’argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d’accord ou la participation à une réunion », a souligné sur X le vice-président américain JD Vance. Ce point est crucial pour l’Iran, qui subit depuis des décennies des sanctions qui asphyxient son économie.
### Le front libanais, point bouillant
Un autre point de désaccord majeur est le front libanais. Washington a indiqué que l’accord discuté avec l’Iran inclut bien le Liban, comme le souhaite Téhéran, alors que les États-Unis avaient précédemment affirmé vouloir traiter ce dossier séparément.
Le Liban a été plongé dans la guerre le 2 mars, lorsque le Hezbollah a attaqué le territoire israélien en soutien à l’Iran. Depuis, Israël bombardait le pays voisin, affirmant vouloir « éliminer » le mouvement chiite, des frappes qui ont causé plus de 3 700 morts.
### Une signature envisagée dans les prochains jours
La Suisse a été proposée comme lieu potentiel pour accueillir une éventuelle signature, alors qu’un sommet du G7 doit se tenir lundi à Évian, sur les bords du lac Léman, du côté français.
Cependant, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a indiqué vendredi que le protocole d’accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé « à distance » une fois finalisé, potentiellement dans « les prochains jours ».
