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Gianni Versace au musée Maillol : Barocco, pop art et classiques.

L’exposition présentée au musée Maillol à Paris s’ouvre sur la reconstitution de l’atelier de Gianni Versace à Milan. La pièce « la plus précieuse » de la rétrospective est la robe inspirée de la célèbre sérigraphie de Marilyn Monroe, créée en 1991 et portée par Naomi Campbell sur le podium.

« Vous me trouverez dans mon travail », affirmait Gianni Versace. Pour appréhender le cofondateur de la célèbre maison italienne et le frère de Donatella, il fallait plonger au cœur même de ses créations, celui qui a marqué l’histoire de la mode en habillant des icônes telles que Lady Diana, Madonna ou encore Tupac. C’est donc logiquement que l’exposition, ouverte tout l’été au musée Maillol à Paris, débute par la reconstitution de son atelier à Milan.

« Il a appris dans l’atelier de couture de sa mère [en Calabre]. Il a grandi entouré de tissus, créant des vêtements agrémentés d’accessoires, de bijoux en or, des pièces qui lui étaient familières », explique la co-commissaire de l’exposition, Saskia Lubnow. « Nous avons donc voulu retranscrire cette atmosphère, faire comprendre qu’il s’inspirait directement de ces matériaux. »

Cette rétrospective est une belle introduction à l’œuvre du styliste, tragiquement disparu à l’âge de 50 ans, en 1997, lorsqu’il a été assassiné devant sa villa à Miami. Le parcours invite à (re)découvrir le style flamboyant de Gianni Versace ainsi que ses incontournables : l’imprimé « Barocco », les chemises en soie multicolores, les robes emblématiques… 20 Minutes vous propose un aperçu de ses pièces célèbres.

Quand Versace rencontre Warhol

Sur les 120 silhouettes présentées au musée Maillol, un espace est dédié aux liens entre Versace et le monde de l’art. Chagall et Botticelli figurent parmi ses sources d’inspiration, tout comme le pop art. « J’aime la pop culture, cette culture qui n’a pas besoin de se donner des airs », affirmait Gianni Versace.

La pièce considérée comme « la plus précieuse » de la rétrospective est une robe inspirée de la célèbre sérigraphie de Marilyn Monroe créée par le pape du pop art, Andy Warhol, que le créateur a rencontré en 1981.

Une partie de l'exposition du musée Maillol est consacrée aux liens entre Gianni Versace et le pop art.
Une partie de l’exposition du musée Maillol est consacrée aux liens entre Gianni Versace et le pop art.  - Emma Birski

« Andy Warhol a utilisé cette icône et l’a transformée. Gianni, lui, a transformé cette image en robe », analyse Saskia Lubnow. Créée en 1991, cette pièce a été portée par Naomi Campbell sur le podium et plus récemment par la chanteuse Sabrina Carpenter lors du Met Gala 2026, dont le thème était « Fashion is Art ».

L’imprimé emblématique de Versace

Originaire de Calabre, au sud de l’Italie, Gianni Versace a alimenté ses créations avec l’histoire de sa région, riche d’une culture gréco-romaine : les images de madones orthodoxes, les ornements byzantins ou encore la figure mythologique de la Méduse, emblème de sa maison de couture. Versace, c’est aussi l’imprimé emblématique : le Barocco en noir et or, inspiré du style baroque, issu d’une collection de 1991.

L'imprimé
L’imprimé « Barocco » est indissociable de l’univers de Gianni Versace.  - Emma Birski

« C’est par la suite qu’il est devenu célèbre et c’est encore aujourd’hui le modèle de mode le plus copié au monde », précise le co-commissaire de l’exposition, Karl Von Der Ahé.

Il ajoute : « On le voit partout et vous pouvez l’acheter à n’importe quel prix. C’est une idée très proche de celle d’Andy Warhol : la reproduction du dessin, du produit, même pour 5 euros. Et c’est ce qui se passe constamment, jour après jour, avec le Barocco or et noir. »

« That dress »

Une salle de l’expo est dédiée à la période punk chic de Gianni Versace, notamment à sa collection printemps/été 1994. À l’époque, une pièce en particulier – qui n’est pas exposée à Maillol – avait « marqué l’histoire de la mode ». Surnommée « That Dress » (« CETTE robe »), elle a été portée en 1994 par Elizabeth Hurley aux côtés de Hugh Grant, lors de la première du film Quatre mariages et un enterrement.

Hugh Grant et Elizabeth Hurley à Londres, en 1994.
Hugh Grant et Elizabeth Hurley à Londres, en 1994.  - YOUNG/REX FEATURES/SIPA

« Elle était une parfaite inconnue auparavant, simplement la petite amie de Hugh Grant qui, lui, était déjà une grande star. Mais tout a basculé ce soir-là et elle est devenue elle-même une star. Le lendemain, tous les journaux parlaient d’elle dans cette robe », raconte Saskia Lubnow.

Sa spécificité ? Une longue robe noire maintenue par des épingles à nourrice dorées (et siglée de la Méduse). « L’épingle à nourrice est un symbole de rébellion punk et Gianni Versace l’a véritablement transformée en accessoire de luxe. Aucun autre créateur ne l’avait fait auparavant. C’est devenu une sorte de logo sans en être un », souligne la co-commissaire de l’expo. Preuve de son importance, cette robe dispose désormais de sa propre fiche Wikipédia.

La chemise imprimée

Parmi les pièces les plus vendues, même aujourd’hui, de la maison Versace, se trouvent les chemises en soie aux imprimés variés, qui nécessitent parfois jusqu’à une vingtaine de superpositions de couleurs. « Elles sont devenues cultes, leurs couleurs demeurent éclatantes et leurs formes restent toujours aussi actuelles », met en avant Saskia Lubnow.

L'espace consacré aux chemises en soie Versace au musée Maillol.
L’espace consacré aux chemises en soie Versace au musée Maillol.  - C.WEICKERT/20 MINUTES

Un véritable succès de la maison italienne que certains collectionnent, comme le chanteur Elton John, qui faisait partie des amis de Gianni Versace.