France

Gabriel Attal annonce officiellement sa candidature à la présidentielle 2027

Gabriel Attal a officialisé vendredi sa candidature à l’élection présidentielle depuis l’Aveyron, avec l’ambition de succéder à Emmanuel Macron. Le candidat du Rassemblement national pour l’élection de 2027 n’est pas encore connu, et la décision de la Cour d’appel concernant la candidature de Marine Le Pen ou Jordan Bardella est attendue le 7 juillet.


C’est la fin d’un suspense fictif. Gabriel Attal a annoncé vendredi à l’Aveyron sa candidature à l’élection présidentielle, exprimant son désir de succéder à Emmanuel Macron, avec qui il entretient des relations tendues depuis la dissolution, à condition de surpasser Édouard Philippe au sein du bloc central.

C’est depuis la place du village de Mur-de-Barrez, en conclusion d’un débat « citoyen » organisé par le maire Renaissance Pierre Ignace, et auquel ont participé environ une centaine de personnes, que l’ancien Premier ministre a franchi une étape significative vers sa candidature. « En ayant occupé les plus hautes fonctions de l’Etat, en ayant voyagé dans le monde, en ayant eu beaucoup de déplacements en France et de rencontres avec les Français, je me suis forgé une conviction, une conviction très forte, c’est qu’on a encore nos plus belles pages à écrire », a déclaré Gabriel Attal sous un soleil ardent.

Gabriel Attal a exprimé son « ambition » de renouer le pays avec « la promesse de l’élévation », tant « individuelle » que « collective ». « Et puis je me suis forgé aussi une détermination à agir » pour « apaiser, élever, s’élever, grandir, conquérir, renouer avec un optimisme », a-t-il ajouté.

Déjà en campagne active depuis plusieurs semaines avec la publication d’un livre personnel et une série de déplacements, dédicaces et réunions publiques, Gabriel Attal renforce la concurrence interne au sein du mouvement d’Emmanuel Macron. Le président d’Horizons, Édouard Philippe, a quant à lui annoncé sa candidature dès septembre 2024. Cette primaire étrange pourrait mener à un ralliement en faveur du candidat le mieux placé au début de l’année 2027, face au risque de voir le Rassemblement national, actuellement en tête des sondages, accéder à l’Élysée.

À un an du scrutin, pour lequel Emmanuel Macron ne peut pas être candidat en raison de la Constitution, l’identité du candidat du RN, qu’il s’agisse de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, reste indéterminée, la décision de la Cour d’appel concernant les assistants parlementaires européens étant attendue le 7 juillet. À gauche, Jean-Luc Mélenchon a déjà lancé une quatrième candidature à l’Élysée, tandis que la social-démocratie montre une désunion totale, de François Hollande à Raphaël Glucksmann en passant par Bernard Cazeneuve.

Souvent perçu comme le « clone » d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal aspire à battre le record du plus jeune président élu : il aura 38 ans au moment de l’élection. Cependant, la succession ne semble pas être une formalité : les relations entre les deux hommes se sont détériorées depuis la dissolution de l’Assemblée, qui a mis fin à la brève expérience de ce jeune Premier ministre, écarté des décisions importantes.

Il a depuis pris le contrôle du groupe macroniste à l’Assemblée, puis du parti, sans réelle concurrence, tout en cultivant son propre parcours, au risque de perdre certains macronistes en route, comme Élisabeth Borne, qui s’est récemment retirée des instances dirigeantes. Le choix de l’Aveyron pour annoncer sa candidature n’est pas anodin : Renaissance, critiqué depuis sa création pour son ancrage local limité, veut prouver son « implantation nouvelle ». Le parti a remporté le chef-lieu du département, Rodez, avec l’élection en mars du député Stéphane Mazars.

« Le jour où on reste enfermé dans des bureaux parisiens, dans des ministères, c’est le jour où la politique s’arrête. Parce que la politique, elle se construit au contact des Français », a souligné Gabriel Attal en introduction de son débat avec les habitants, lors duquel il a été interrogé sur des sujets comme l’Éducation, l’intelligence artificielle et l’accès aux soins. Cette annonce de candidature sur la place d’un village vise également à contrecarrer l’image de Gabriel Attal, originaire des quartiers aisés de la capitale et député des Hauts-de-Seine.