France

Fusillade à Nice : le tireur présumé parmi trois mis en examen.

Le tireur présumé, un homme âgé de 30 ans connu de la justice, nie les faits mais son téléphone le place sur les lieux de la fusillade et de l’incendie de l’automobile. En 2025, 600 gardes à vue liées au quartier des Moulins, situé à l’ouest de Nice, ont été recensées, dont plus de 200 gardes à vue, 103 déferrements et 47 incarcérations au 15 avril de cette année.


Le tireur est arrivé en trottinette électrique au milieu de l’après-midi. Une semaine après la fusillade mortelle survenue dans le quartier des Moulins à Nice, où deux hommes « totalement étrangers au trafic de stupéfiants » ont été tués et six autres blessés, trois personnes ont été mises en examen et placées en détention provisoire, a annoncé le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, ce lundi, lors d’une conférence de presse conjointe avec le procureur de Nice, Damien Martinelli. Quatre personnes avaient précédemment été placées en garde à vue.

Les suspects, dont le tireur présumé, ont été interpellés deux jours après les faits, identifiés dans deux appartements à Nice. Un véhicule volé à Marseille a également été découvert par les enquêteurs, chargé de jerricans d’essence. Cela laisse supposer qu’un second « projet criminel se préparait » selon le commissaire-divisionnaire Eric Antonetti, chef du service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ) de Nice.

Une cinquantaine d’enquêteurs ont été mobilisés pour retrouver ce tueur, décrit comme « particulièrement calme » par les témoins de la fusillade, précise Nicolas Bessone. Il avait quitté les lieux à trottinette avant de monter à bord d’une voiture, volée la veille dans le 15e arrondissement de Marseille et retrouvée incendiée à Roquefort-les-Pins, dans les Alpes-Maritimes.

Le tireur présumé, un homme de 30 ans connu des services de justice, nie les faits. Cependant, le bornage de son téléphone le localise sur le site de la fusillade et de l’incendie de la voiture. Les autres suspects mis en examen comprennent une femme de 26 ans, suspectée d’être la logisticienne, et un homme de 19 ans, qui aurait convoyé les véhicules depuis Marseille. La femme soupçonnée déclare avoir été contrainte d’héberger le tireur présumé pour régler une dette liée à sa consommation de cocaïne. De son côté, le convoyeur présumé affirme qu’il ne savait pas quelle était l’utilisation prévue pour les véhicules.

Pour les autorités, le mobile de la fusillade est clairement lié au narcotrafic et à une guerre de territoire. « Nous observons une montée des tensions à Nice entre deux équipes de trafiquants : celle des quartiers Est de la ville et celle du quartier des Moulins », explique Eric Antonetti. Des réseaux niçois interagissent « clairement » avec les narcotrafiquants marseillais, ajoutent les magistrats, qui précisent également qu’ils sont influencés par la région parisienne.

Le quartier des Moulins a déjà connu plusieurs fusillades ces derniers mois, dont une en octobre où deux hommes, également étrangers au trafic de stupéfiants, avaient été abattus. En 2025, 600 gardes à vue liées à ce quartier situé à l’ouest de Nice ont été enregistrées, souligne Damien Martinelli, procureur de Nice. « Cette année, au 15 avril, plus de 200 gardes à vue, 103 déferrements et 47 incarcérations ont été réalisés », note le magistrat, rappelant le démantèlement d’un important point de deal en mars dernier.

Sur les douze points de vente actifs en 2023, deux le sont encore. « Il est impératif de supprimer ces points de deal qui sont les foyers de cette hyperviolence », insiste le magistrat, déplorant la mort « d’onze victimes innocentes » ces derniers mois dans le quartier. La semaine dernière, six autres hommes ont été blessés, et bien que leurs jours ne soient plus en danger, l’un d’eux reste gravement touché aux jambes.