France

Free party : Des centaines de teufeurs s’opposent à un tournant répressif

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche à Marseille contre des législations à l’étude au Parlement pour durcir la pénalisation des free party, et selon la police, ils étaient 800 samedi à Montpellier sur le parvis de l’hôtel de ville. Le projet de loi Ripost, adopté au Sénat, prévoit une peine de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende pour les organisateurs de fêtes, et jusqu’à six mois de prison et 7.500 euros d’amende pour les participants.


« Plus de son moins de répression » : plusieurs centaines de personnes ont défilé dimanche à Marseille, au rythme de la musique techno, pour s’opposer à des législations en cours d’examen au Parlement visant à renforcer la pénalisation des free parties. Cette mobilisation se déroule dans plusieurs villes de France.

Samedi, à Montpellier, 800 manifestants selon la police se sont réunis sur le parvis de l’hôtel de ville, dans une ambiance détendue, tenant des pancartes aux slogans affirmatifs tels que « Touche pas à ma culture » et « On préfère nos vinyles à vos vies nulles ». À l’appel des collectifs de défense des free parties, ces rassemblements sont prévus dans trente villes ce week-end ainsi qu’au début du mois de juin, pour dénoncer « des propositions de loi liberticides. »

Le projet de loi Ripost, qui doit être examiné à l’Assemblée nationale, a déjà été adopté par le Sénat. Pour les organisateurs de fêtes, il prévoit des peines de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, ainsi que jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende pour les participants. Le seuil de déclaration obligatoire en préfecture serait abaissé à 250 participants au lieu de 500 actuellement.

Dimanche à Marseille, où la chaleur était étouffante, environ 500 manifestants selon la police ont formé un cortège animé par la musique techno diffusée par des enceintes installées sur une dizaine de camions. Certains manifestants étaient torse nu, tandis que d’autres portaient des tenues plus élaborées, comme des uniformes orange de prisonniers.

« En prison pour avoir dansé au réveillon », « Répression tentaculaire, on ne se laissera pas faire », « Plus de son moins de répression », pouvaient-on lire sur certaines pancartes, a constaté une journaliste de l’AFP. Jules, 25 ans, venu du Var, affirme : « Nous continuerons de nous battre pour protéger cette culture » et critique « une loi liberticide qui va emprisonner des jeunes rêvant de proposer des lieux d’évasion ouverts à tous, inclusifs et gratuits ».

Alix, 23 ans, étudiante en master de relations internationales, a confié qu’en tant que femme, elle se sent « beaucoup plus safe en teuf qu’en boîte ». Elle ajoute que l’attrait des free parties est renforcé par « la hausse des prix des concerts », qui peuvent atteindre « une centaine d’euros minimum pour un gros festival ». D’autres manifestants, plus âgés, avouent « ne pas aimer » la musique techno. « Ce n’est pas la question », estime Cécile, 61 ans. « On criminalise la musique, la fête, les jeunes ! »

Samedi à Montpellier, Tom, 20 ans, étudiant en cinéma et audiovisuel, défend l’idée « de mouvements de liberté où les jeunes veulent juste danser et s’amuser ». Il plaide pour que l’univers de la rave party, qui est « très singulier, gratuit, accessible à tous, dans des lieux naturels », soit reconnu.