Faire du vélo augmente-t-il vraiment l’espérance de vie ?
Le rapport de l’Ademe publié à l’occasion du challenge « Mai à vélo » affirme que la pratique de la bicyclette permet « un gain net estimé entre trois et quatorze mois d’espérance de vie ». Selon le médecin du sport, le docteur Guillaume Sarre, le vélo diviserait « par trois ou quatre » la charge exercée sur les articulations comme les genoux, les chevilles et les hanches.
En mai, fais ce qu’il te plaît. Et si possible du vélo, car c’est bénéfique pour la planète, pour le budget, pour l’économie française et surtout pour la santé. C’est en résumé ce que révèle l’étude de l’Ademe, l’agence de transition écologique, sur l’impact de l’usage du vélo. Publé à l’occasion du challenge « Mai à vélo », le rapport souligne les nombreux bienfaits de la pratique de la bicyclette, allant jusqu’à affirmer qu’elle pourrait permettre « un gain net estimé entre trois et quatorze mois d’espérance de vie ». Alors, est-ce vrai ou non ?
Si l’on se réfère à l’étude de Johan de Hartog, publiée en 2010 et citée par l’Ademe, le bénéfice pourrait même être plus significatif si les cyclistes n’étaient pas exposés à la pollution de l’air ou aux accidents de la route. Toutefois, même dans un environnement pollué, le « bénéfice-risque » demeure largement en faveur du vélo. « Ça permet de rester en bonne santé. Vivre vieux, c’est bien. Mais vivre mieux, c’est encore mieux », observe la docteure Anne Sénéquier.
Pédaler pour se remettre en mouvement
Basée à Paris, la psychiatre est spécialisée dans les questions de santé et d’environnement. Elle est également une cycliste convaincue, ayant opté pour publier une carte du réseau cyclable parisien en filigrane de ses ordonnances. « J’ai aussi un mur de post-it où j’affiche les patients que j’ai réussi à convaincre de faire du vélo », confie-t-elle avec le sourire.
La psychiatre parisienne n’est pas la seule à encourager l’utilisation du vélo pour inciter les patients à bouger. Le docteur Guillaume Sarre, médecin du sport, est sans équivoque. « La pratique d’une activité physique d’endurance a des effets positifs sur la santé. C’est prouvé. » Les études menées ces dernières années montrent une réduction de 20 à 50 % des problèmes cardiaques et de près de 60 % du risque d’accidente vasculaire. L’activité physique diminue aussi le risque de cancer du côlon, du sein, du poumon…
« C’est beaucoup moins traumatisant que la marche »
« On parle souvent de la marche et de la natation. Mais l’avantage du vélo, c’est que c’est beaucoup moins traumatisant que la marche. Il n’y a pas de choc, pas de traumatismes pour les genoux ou les hanches. Pour les personnes en surpoids, c’est idéal », continue Guillaume Sarre. Selon lui, le vélo diviserait « par trois ou quatre » la charge exercée sur les articulations comme les genoux, les chevilles et les hanches. « À condition que le vélo soit bien réglé, sinon les douleurs sont assurées », avertit le praticien.

Par ailleurs, le vélo représente aussi un atout considérable pour le moral. « Quand on fait du vélo, on est maître de son temps. Ça vous donne une liberté de mouvement. De plus, on s’ancre davantage dans son environnement, car on est en surface et à l’air libre. L’effet sur l’anxiété est immédiat », affirme Anne Sénéquier, qui considère la bicyclette comme « une bonne parenthèse entre le monde du travail et la vie personnelle ».
Il ne faut pas exagérer en disant que chaque trajet est agréable et détendu, mais l’idée est claire. Il est essentiel de bouger régulièrement, de prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, d’opter pour l’antivol plutôt que les clés de voiture. « Je vois des gens qui restent assis huit heures et qui font une heure de fitness le soir. Ce n’est pas idéal », critique Guillaume Sarre.
« Trouver quelque chose qui fasse plaisir »
Cependant, la réalité est un peu plus complexe. Premièrement, dans certaines régions, faire du vélo peut s’avérer dangereux. De plus, pour certains, pédaler sur une selle un peu trop dure n’est pas un plaisir. « Toute activité physique est bénéfique pour la santé, mais ce que je recommande d’abord, c’est de trouver une activité accessible et plaisante. Nous disons à nos patients que chaque activité apportera des bénéfices. Mais ce n’est pas toujours suffisant. Si d’autres avantages, comme éviter les embouteillages ou aller plus vite, se présentent, c’est encore plus motivant », précise Frédéric Schnell.
Cardiologue au CHU de Rennes et membre de la Société française de cardiologie, ce médecin préconise d’incorporer chaque jour la marche, la course ou le vélo dans son quotidien. « L’avantage de ces trois activités, c’est qu’on peut les pratiquer presque partout », souligne le médecin. Le défi ? « Que les gens poursuivent ces pratiques sur le long terme, et pas seulement lorsqu’on leur demande. »

