Nuñez soumet son projet de loi contre l’entrisme séparatiste.
Le projet de loi gouvernemental contre l’entrisme ne ciblera « pas seulement l’entrisme islamiste » et visera également « toutes les formes de séparatisme et d’entrisme ». Il prévoit « un huitième motif de dissolution de structure associative, pour entrisme », visant des structures qui « s’affranchissent des règles communes ».
Le projet de loi présenté par le gouvernement pour lutter contre l’entrisme ne se limitera « pas seulement à l’entrisme islamiste ». Dépassant le texte de Bruno Retailleau actuellement examiné au Sénat, le projet gouvernemental visera également « toutes les formes de séparatisme et d’entrisme », a annoncé hier le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Ce dernier a qualifié cette initiative de « œuvre inachevée ». Le texte de l’exécutif s’attaquera « à toutes les structures ou individus séparatistes ou ultraviolents, comme les groupes d’ultradroite », ceux « qui incitent à la discrimination, à la haine, à la violence » ou qui « cherchent à porter atteinte à la République ».
### L’interdiction d’activité de structures basées à l’étranger
« Nous avons traité le terrorisme, le séparatisme, la radicalisation violente… Aujourd’hui, nous nous attaquons à l’entrisme », a précisé le ministre dans les colonnes du journal Le Monde. Il a décrit l’entrisme comme des « comportements extrêmement diffus ».
Parmi les propositions du texte, un « huitième motif de dissolution de structure associative, pour entrisme » est prévu. « Seront concernées les structures qui s’éloignent des règles communes » pour « faire prévaloir des principes, religieux ou autres, incompatibles » avec les valeurs républicaines.
Le projet vise également à « interdire d’activité », en France, des organisations basées à l’étranger, notamment celles dissoutes sur le territoire puis reconstituées ailleurs, comme « le Collectif contre l’islamophobie en France ». Une mesure de surveillance nécessiterait la création d’un « liquidateur » chargé de garantir que les biens d’une association dissoute « ne seront pas dévolus à une autre structure » similaire.
### Exit les publications homophobes ou négationnistes
Ce texte propose également d’allonger de un à trois ans le délai pour s’opposer à des « publications dangereuses pour les jeunes », qui inciteraient « à la haine, à la discrimination, ou à la violence ». Il offrirait au gouvernement la possibilité d’interdire des livres contenant des passages homophobes ou négationnistes, « dans un délai très court ».
Le projet de loi, actuellement examiné par le Conseil d’État, devrait être présenté « dans les prochaines semaines ».

