
« Face aux canicules, le tourisme en pleine recomposition : oui et non »
Cet été, la France a été marquée par des vagues de chaleur intenses, incitant de nombreux vacanciers à rechercher des destinations plus fraîches. Didier Arino, directeur général du cabinet Protourisme, souligne que malgré les prévisions d’une migration vers le nord, les tendances actuelles montrent que des pays comme l’Espagne continuent d’attirer un nombre record de touristes. « Ça fait au moins vingt ans qu’on annonce ça, et finalement, l’Espagne bat des records de fréquentation année après année », précise-t-il.
Bien que certaines zones, en particulier celles dépourvues de littoral, aient subi les effets des températures élevées, cela n’a pas dissuadé les Français de partir en vacances. Au contraire, de nombreux citadins, fatigués par la chaleur étouffante de leurs appartements, ont choisi de s’évader. Arino décrit la saison estivale de 2026 comme « contrastée », notant que les Français ont été légèrement moins nombreux à voyager et ont tendance à raccourcir leurs séjours, entraînant une diminution des nuitées touristiques. Cependant, cette baisse a été en partie compensée par l’afflux de touristes étrangers, notamment en provenance d’Asie, d’Amérique du Nord et d’Europe, ainsi que par les 800.000 Français qui avaient prévu de partir à l’étranger mais ont finalement opté pour des vacances domestiques.
Les destinations côtières et rurales ont bénéficié de ce phénomène, avec des villes comme Marseille, Nice, Cannes et La Grande-Motte affichant de bons résultats. Arino anticipe une légère baisse des nuitées pour juillet et août, mais avec une augmentation des nuitées étrangères au détriment des nuitées françaises.
Face à la récurrence des canicules, la question se pose de savoir si les touristes modifieront leurs choix de destinations. Des lieux comme la montagne, la Baie de Somme, la Normandie et la Côte d’Opale pourraient gagner en popularité grâce à leur climat plus tempéré et à des tarifs plus attractifs. Toutefois, Arino assure que le sud de l’Europe ne perdra pas son attrait, car des pays comme l’Espagne, la Grèce et le Maroc continuent de croître malgré des étés caniculaires.
Il observe également un changement dans les préférences des vacanciers, qui pourraient privilégier les zones littorales pour échapper à la chaleur des villes. La climatisation deviendra un critère essentiel pour le choix des logements. Les acteurs du secteur touristique, y compris les loueurs et les restaurateurs, devront s’adapter à ces nouvelles réalités climatiques.
Enfin, Arino voit dans cette situation une occasion d’étendre la saison touristique, avec des voyageurs de plus en plus enclins à partir en juin ou en septembre pour éviter les fortes chaleurs. Ce phénomène pourrait modifier la dynamique du tourisme estival, sans pour autant en bouleverser les fondements.
