
En carte : Ceuta et Melilla, microterritoires espagnols en Afrique du Nord
Un afflux de migrants en provenance du Maroc a atteint Ceuta, enclave espagnole située en Afrique du Nord. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, se rend sur place ce vendredi matin, après l’arrivée de plusieurs milliers de personnes ces derniers jours, dont 18 auraient perdu la vie en tentant de rejoindre l’enclave à la nage. Il s’agit de l’arrivée de migrants la plus significative depuis mai 2021.
À cette époque, plus de 10 000 migrants avaient atteint Ceuta en seulement deux jours. Le gouvernement espagnol a annoncé le déploiement de soldats pour garantir la sécurité sur ce territoire de la côte nord de l’Afrique.
Garde-fous du continent européen.
Découvrez Melilla et Ceuta, deux confettis espagnols encerclés par le Maroc et la mer, qui forment l’unique frontière terrestre entre l’Union européenne et le continent africain.
Théâtre de drames humains et d’un face-à-face géopolitique permanent, ces deux territoires espagnols de 18,5 km² et 12 km² incarnent les tensions du modèle migratoire européen. Présentes en Afrique du Nord depuis le XVe siècle pour Melilla et le XVIIe siècle pour Ceuta, ces deux « villes autonomes » ont vu leur statut évoluer avec l’entrée de l’Espagne dans l’espace Schengen en 1995. Elles sont alors devenues les garde-fous du continent européen.
Pour étanchéifier ces quelques kilomètres de frontière terrestre, l’Espagne et l’Union européenne ont financé un dispositif de sécurité imposant, la « Valla ». Cette barrière de dix mètres de haut est équipée de capteurs thermiques, de détecteurs de mouvement, de caméras haute définition et de radars. Son objectif est de stopper les tentatives d’entrée de migrants originaires d’Afrique subsaharienne et du Maghreb, qui voient en ces enclaves un moyen d’accéder au sol européen sans avoir à affronter la mer.
« Refoulements à chaud »
Ne pouvant emprunter les voies légales en raison de la politique stricte des visas, des groupes de migrants tentent régulièrement de coordonner des franchissements massifs pour submerger les forces de sécurité. En réponse, la pratique des « refoulements à chaud » consiste à réexpulser les migrants vers le territoire marocain, sans leur permettre de formuler une demande d’asile. Cette méthode est dénoncée par les ONG de défense des droits humains.
Les migrants qui parviennent à franchir la barrière sont hébergés dans les centres de séjour temporaire pour étrangers (CETI), où ils se retrouvent souvent bloqués pendant des mois, voire des années. L’Espagne limite en effet les transferts vers la péninsule ibérique afin d’éviter de créer un effet d’appel.
