France

Duralex cherche un repreneur deux ans après le rachat salarié

Duralex, fondé en 1945, a été placé en redressement judiciaire le 1er juin 2023, deux ans après sa reprise sous forme de Scop par 60 % de ses 245 salariés en 2024. La direction a annoncé que les offres pour la reprise de l’entreprise devaient être déposées « au plus tard le 6 août à midi ».


Fondé en 1945 et situé près d’Orléans, dans le Loiret, le fabricant de verre Duralex traverse une nouvelle crise économique. Deux ans après que l’entreprise a été reprise sous forme de Scop par ses salariés, elle a été placée en redressement judiciaire le 1er juin. Ce n’est pas tout, car la direction a annoncé jeudi que Duralex était maintenant à vendre.

Depuis le retour à la coopérative par 60 % des 245 salariés en 2024, le parcours de Duralex a été semé d’embûches. En effet, deux ans après cette reprise, les difficultés financières persistantes ont conduit à un cinquième redressement judiciaire en une vingtaine d’années.

« Nous recherchons officiellement un repreneur »

Dans ce contexte, François Marciano, ancien directeur général, et son fils Antoine, directeur financier, ont été licenciés. La semaine dernière, la nouvelle direction a informé les salariés d’une coupure des lignes de production pour au moins quinze jours afin de réaliser des économies et de gérer 1,4 million d’euros de commandes en retard.

Moins de deux semaines avant la prochaine audience au tribunal de commerce, Duralex a déclaré : « afin de pérenniser la situation économique, nous recherchons officiellement un repreneur pour nous accompagner dans le cadre d’un plan de cession ». Les offres doivent être soumises « au plus tard le 6 août à midi ».

Duralex est donc à vendre, et les chiffres présentés pour attirer des potentiels repreneurs ne sont pas alarmants. La direction annonce un chiffre d’affaires prévu pour 2024/2025 s’élevant à 39 millions d’euros, alors que l’ancien directeur général, François Marciano, avait estimé qu’il serait de 35 millions en 2027 pour atteindre l’équilibre financier. Cet objectif avait été jugé difficile par les observateurs. Duralex mentionne également des stocks conséquents, évalués à 24 millions d’euros.

« L’entreprise a un avenir industriel certain »

La Confédération générale des Scop (CG Scop) soutient que la situation de Duralex « ne tient pas au modèle coopératif », mais plutôt à « une reprise sous financée ». La CG Scop considère que la revente est une « étape logique au regard de la situation de trésorerie de l’entreprise » et affirme que « l’entreprise a un avenir industriel certain », en se basant sur un « carnet de commande en croissance ».

D’autre part, le groupe d’investissement citoyen Lita exprime des inquiétudes pour les 11.000 investisseurs privés « qui ont mobilisé 7 millions d’euros d’épargne pour soutenir ce projet industriel ». L’organisme admet qu’à ce stade, « rien ne garantit » que les détenteurs de titres participatifs seront pris en compte dans l’offre acceptée par le tribunal de commerce. En d’autres termes, ces 11.000 petits investisseurs pourraient ne jamais revoir leur argent.