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Disney peut-il résister à la politique culturelle et médiatique de Trump ?

Le 23 avril, Jimmy Kimmel a déclaré à Melania Trump dans son émission « Jimmy Kimmel Live » : « Vous rayonnez comme une veuve en devenir ». Le 25 avril, Donald Trump a été visé par un tireur au dîner des correspondants de la Maison-Blanche, entraînant des accusations du couple présidentiel à l’encontre du présentateur.


« Vous rayonnez comme une veuve en devenir. » C’est cette phrase prononcée par Jimmy Kimmel à l’attention de Melania Trump dans son émission « Jimmy Kimmel Live » le 23 avril qui a tout déclenché. Deux jours plus tard, le 25 avril, Donald Trump a été la cible d’un tireur lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche. Depuis cet incident, le couple présidentiel accuse le présentateur d’avoir incité à cette tentative d’assassinat.

Jimmy Kimmel rejette toute intention violente derrière sa blague, et Disney, propriétaire de la chaîne ABC, le soutient. Il convient de rappeler qu’à la rentrée dernière, le Président américain avait déjà tenté de faire licencier le présentateur. Le groupe résiste aux différentes exigences de Donald Trump depuis sa réélection, la plus récente étant une enquête de la FCC, le régulateur américain des télécommunications.

En pleine confrontation entre Jimmy Kimmel et Donald Trump, la FCC a ouvert une enquête contre ABC. Dans ce cadre, elle a demandé à Disney et à la chaîne de soumettre sa demande de renouvellement de licence pour une fréquence de télévision, deux ans avant la date limite prévue. Normalement, cette démarche aurait dû avoir lieu entre 2028 et 2031.

Dans un communiqué, le groupe Disney exprime sa « confiance dans le fait que nos états de services démontrent que nous avons les qualifications pour ces licences ».

Pour de nombreux élus démocrates, l’intervention de la FCC ressemble à une forme de censure. Greg Landsman a dénoncé sur X un « abus de pouvoir » et une démarche « incroyablement puérile », tandis qu’April McClain Delaney a appelé à ne pas tolérer « ces attaques contre la presse, les médias de divertissement ou ceux qui expriment leur opinion ».

Cette décision de la FCC s’inscrit dans un contexte plus large d’actions contre les groupes audiovisuels américains. Le samedi 14 mars, son président, Brendan Carr, nommé par Donald Trump, avait déclaré : « Les chaînes de télévision qui diffusent des canulars et des informations déformées ont désormais la possibilité de rectifier le tir avant le renouvellement de leur licence. La loi est claire : les diffuseurs doivent agir dans l’intérêt public, et ils perdront leur licence s’ils ne le font pas », selon nos confrères du Point.

En 2025, Brendan Carr avait exprimé sa « préoccupation » quant au fait que la Walt Disney Company et ABC mettent en œuvre des programmes de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI). C’est une des croisades de Donald Trump, qui les avait déjà interdits dans l’armée et les écoles, prétextant une réduction des discriminations raciales et des coûts pour les entreprises. Contrairement à d’autres sociétés, Disney avait choisi de maintenir ces programmes.

En 2019 et en 2022, l’entreprise de divertissement avait également refusé de mettre fin à ses projets de films « Captain Marvel » et « Black Panther ». L’ancien président de Marvel et ami de Trump, Isaac Perlmutter, s’était opposé, selon Le Monde, à un long métrage centré sur une super-héroïne ou un super-héros noir.

Cependant, bien que ces films aient été réalisés, cela a eu lieu sous la présidence de Joe Biden. Disney a néanmoins reculé à plusieurs reprises face au président. En 2024, ABC News avait versé 15 millions de dollars à Donald Trump pour permettre la création « d’une fondation et d’un musée » lui étant consacrés, afin d’éviter un procès pour diffamation.

Depuis la réélection de Trump, les clauses de diversité dans les productions Disney ont également été modifiées. Son PDG, Bob Iger, a déclaré en novembre 2023 : « Les créateurs ont perdu de vue ce qui devait être leur premier objectif. Nous devons d’abord divertir. Pas envoyer des messages. »