Salaires, primes, retraites : des modifications effectives dès 2026
Le Journal officiel de la République tunisienne publié le jeudi 30 avril 2026 comprend plusieurs décrets d’application (n° 66 à 69 de l’année 2026) fixant le salaire minimum garanti agricole et non agricole ainsi que les augmentations salariales dans les secteurs régis par le code du travail pour les années 2026, 2027 et 2028. Le décret n° 66 de l’année 2026 fixe le salaire minimum garanti agricole pour les travailleurs âgés de 18 ans et plus à 21,336 dinars par jour de travail effectif à compter du 1er janvier 2026, à 22,400 dinars à compter du 1er janvier 2027 et à 23,520 dinars à compter du 1er janvier 2028.
Le Journal officiel de la République tunisienne, publié le jeudi 30 avril 2026, contient plusieurs décrets d’application (n° 66 à 69 de l’année 2026) qui déterminent le salaire minimum garanti tant pour le secteur agricole que non agricole, ainsi que l’augmentation salariale dans les secteurs couverts par le code du travail pour les années 2026, 2027 et 2028. Ces augmentations s’appliquent également aux pensions de retraite.
Le décret n° 66 de l’année 2026 établit le salaire minimum garanti agricole pour les travailleurs de 18 ans et plus à 21,336 dinars par jour de travail effectif à partir du 1er janvier 2026. Ce montant sera porté à 22,400 dinars à compter du 1er janvier 2027, puis à 23,520 dinars à partir du 1er janvier 2028.
Une « prime de technicité » a également été introduite pour les travailleurs agricoles spécialisés, d’un montant de 1,138 dinars par journée en 2026, de 1,195 dinars en 2027 et de 1,255 dinars en 2028. Pour les travailleurs qualifiés, cette prime s’élèvera à 2,140 dinars en 2026, 2,247 dinars en 2027 et 2,359 dinars en 2028. Cette prime s’ajoute au salaire minimum agricole garanti pour chaque journée de travail nécessitant une spécialisation ou une qualification.
Le même décret précise que les travailleurs rémunérés à la tâche, à la pièce ou au rendement bénéficieront d’une majoration de salaire, leur permettant d’atteindre le salaire minimum garanti agricole, avec des sanctions à l’encontre des employeurs ne respectant pas cette règle. L’augmentation du salaire minimum agricole garanti s’appliquera également aux pensions de retraite versées par la caisse nationale de sécurité sociale.
En ce qui concerne les secteurs non agricoles, le décret n° 67 de l’année 2026 fixe le salaire minimum garanti pour les employés de 18 ans et plus à 554,736 dinars par mois pour un régime de 48 heures par semaine, et à 470,251 dinars pour un régime de 40 heures. Ces montants seront augmentés en 2027 à 582,400 dinars et 493,304 dinars respectivement, puis à 611,520 dinars et 517,571 dinars en 2028.
Le salaire minimum horaire a été établi à 2,667 dinars pour le régime de 48 heures et 2,713 dinars pour le régime de 40 heures en 2026, avec des augmentations progressives à 2,800 et 2,846 dinars en 2027, puis à 2,940 et 2,986 dinars en 2028. Ce salaire minimum comprend une indemnité temporaire supplémentaire, et des augmentations seront accordées aux travailleurs rémunérés à la tâche pour leur permettre de toucher le salaire minimum garanti. Les jeunes travailleurs de moins de 18 ans ne doivent en aucun cas être payés moins de 85 % du salaire d’un travailleur plus âgé.
Le décret précise également que les employés dont le salaire total (y compris les primes) est égal ou supérieur au nouveau salaire minimum ne bénéficieront pas de ces augmentations, qui s’appliquent aussi aux pensions de retraite. Par ailleurs, le décret n° 68 de l’année 2026 prévoit une augmentation annuelle de 5 % des salaires de base, des primes de transport et de présence dans les secteurs non agricoles, en lien avec les conventions collectives sectorielles pour 2026, 2027 et 2028. L’augmentation pour 2026 sera calculée sur la base des dernières grilles de salaires, alors que celles pour 2027 et 2028 seront basées sur les salaires majorés de l’année précédente.
Ce même décret impose ces augmentations à tous les employeurs et travailleurs concernés par les conventions collectives sectorielles sur l’ensemble du territoire, y compris pour les employés touchant des salaires supérieurs aux salaires de base fixés, à l’exception des entreprises ayant déjà accordé des augmentations générales équivalentes ou supérieures durant la même année. Pour les secteurs non agricoles régis par le code du travail et non couverts par des statuts particuliers ou des conventions collectives sectorielles, le décret n° 69 de l’année 2026 prévoit une augmentation des salaires de base selon les catégories professionnelles.
Les augmentations pour les agents d’exécution (sauf ceux soumis au salaire minimum) varient entre 36 et 46 dinars par mois en 2026 (pour un régime de 48 heures), avec des augmentations progressives en 2027 et 2028. Pour les agents de maîtrise, l’augmentation est d’environ 53 dinars par mois, et pour les cadres, d’environ 69 dinars en 2026, avec également des hausses progressives. Des majorations salariales sont fixées pour le régime de 40 heures par semaine et des augmentations pour le travail rémunéré à l’heure, suivant les critères liés à la compétence professionnelle et au type de travail.
Le décret indique aussi que les travailleurs rémunérés à la tâche, à la pièce ou au rendement bénéficieront d’augmentations basées sur les critères de production normale. Ces décrets soulignent la volonté de l’État d’implémenter des majorations salariales progressives et globales pour les différentes catégories de travailleurs, afin de renforcer le pouvoir d’achat des citoyens et d’atteindre un équilibre social minimal, tout en tenant compte des spécificités de chaque secteur et des contraintes économiques.

