
Crêperies en Bretagne peinent toujours à recruter des candidats.
La Bretagne, véritable terre de crêpes et de galettes, abrite entre 4.500 et 5.000 crêperies sur l’ensemble de son territoire. Malgré une conjoncture économique difficile qui impacte le pouvoir d’achat des consommateurs, ces établissements continuent d’attirer les clients grâce à des prix raisonnables. Toutefois, derrière cette façade florissante, un défi majeur se profile : la pénurie de personnel. Selon la Fédération de la crêperie, environ 50 % des postes restent vacants, avec « cinq ou six embauches sur dix qui capotent », comme l’indique son président, Olivier Lazennec.
Cette situation a conduit certains restaurateurs, comme un médaillé du Gault & Millau, à fermer sa crêperie à Landéda, dans le Finistère, peu après la pandémie. « Malgré mes recherches, je ne trouvais personne ou alors des candidats inadaptés », confie-t-il. Pour pallier ce manque, il a même dû former un ami pour l’assister. Finalement, il a choisi de se réorienter vers un atelier de crêpes fraîches, un choix facilité par des horaires plus compatibles, sans soirées ni week-ends.
Bertrand Denis, un retraité ayant une longue expérience dans le secteur, constate que cette pénurie de main-d’œuvre n’est pas nouvelle. « Ce problème revient régulièrement, mais il existe depuis longtemps », précise-t-il. En effet, la crise de personnel touche l’ensemble de la restauration, avec 336.000 cuisiniers manquants en France, selon les données de France Travail. Les conditions de travail, souvent difficiles, avec des horaires décalés et des salaires peu attractifs, exacerbent cette situation.
Olivier Lazennec souligne la nécessité d’améliorer l’attractivité du métier. Les charges qui pèsent sur les employeurs compliquent la revalorisation des salaires. De plus, le manque de formations dédiées a longtemps constitué un frein à l’embauche. C’est dans ce contexte que Bertrand Denis a cofondé l’école des maîtres-crêpiers en 1989, qui a formé près de 10.000 stagiaires, dont beaucoup en reconversion professionnelle.
Malgré l’arrivée de nouveaux talents, la majorité choisit de se lancer dans des projets personnels, souvent dans l’événementiel ou à travers des food-trucks, plutôt que d’opter pour le salariat. « Quand on trouve un bon employé, il faut se battre pour le garder », note Olivier Lazennec, en évoquant le turnover élevé dans le secteur.
Les crêperies, comme d’autres restaurants, font face à des défis pour retenir leurs équipes. « Certains candidats pensent que faire des crêpes est simple, mais c’est un vrai métier qui manque de reconnaissance », insiste Lazennec. La pression lors des heures de pointe peut être difficile à gérer, et certains abandonnent après quelques semaines.
Cependant, toutes les crêperies ne rencontrent pas ces difficultés. Le propriétaire d’Œuf La Crêperie à Rennes se félicite de la stabilité de son équipe, qu’il attribue à de bonnes conditions de travail. Bien qu’Olivier Lazennec tire la sonnette d’alarme, il tempère ses propos en affirmant que la situation n’est pas catastrophique et que les crêperies continueront d’exister. Une note d’optimisme dans un contexte de défis.
