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Coupe du monde 2026 : Un mois de folie aux Etats-Unis.

Rodri a écarté Donald Trump du podium au moment de soulever la Coupe du monde, dimanche au Metlife Stadium de New York. Lors d’un bilan dressé à New York avec Gianni Infantino, Donald Trump a déclaré : « Cela a été un véritable honneur pour les Américains de faire découvrir notre magnifique pays au monde entier. »


De nos envoyés spéciaux aux États-Unis,

Un geste à signaler lors de la finale, Rodri a poliment écarté Donald Trump du podium au moment de soulever la Coupe du Monde. L’ancien président des États-Unis s’est en effet invité, avec l’accord de Gianni Infantino, au cœur de la cérémonie de remise du trophée dimanche au Metlife Stadium de New York. Depuis le célèbre « prix de la paix » décerné lors du tirage au sort jusqu’à la dernière cérémonie en finale, en passant par son intervention pour annuler le carton rouge de Folarin Balogun, Trump a fait de ce Mondial son terrain de jeu.

Lors d’un bilan fait samedi à New York avec Infantino, Trump a tout de même réussi à faire une déclaration difficilement contestable : « Cela a été un véritable honneur pour les Américains de faire découvrir notre magnifique pays au monde entier. » Pendant ces cinq semaines de compétition, allant de Boston à Seattle et de Los Angeles à Dallas, nos préjugés sur le peuple américain se sont (presque) entièrement évaporés.

Des fous et des rencontres géniales

Bien sûr, notre voyage a confirmé certains clichés : nous avons croisé des personnes excentriques, comme des chasseurs tirant sur des sangliers depuis un hélicoptère, un individu se déplaçant avec un lama sur la banquette arrière, une famille de quatre personnes dont l’indice de masse corporelle était douteux, qui remplissait une table entière de burgers chez Shake Shack, ou des cow-boys un peu fous prêts à prendre des risques sur des taureaux ou des chevaux pour quelques dollars de plus.

Cependant, nous avons également fait des rencontres marquantes, comme un pasteur luttant contre la politique raciste de Donald Trump, des patrouilles s’opposant à la police anti-immigration dans des villes comme Philadelphie ou Los Angeles, et des diasporas (iranienne, haïtienne, etc.) se battant pour ceux restés au pays. Parmi eux, Alexandre Sacha Pavlata, Franco-Tchèque portant un maillot de l’équipe de France de 1998, que nous avons rencontré par hasard dans un restaurant de Waltham, près du centre d’entraînement des Bleus, et qui nous a partagé son histoire unique entre fuite du communisme et arrivée aux États-Unis dans les années 1980.

Au-delà de ces rencontres, nous avons été globalement touchés par la gentillesse et l’accueil des Américains, quelles que soient les villes. La vie d’envoyé spécial est souvent faite de moments de solitude, notamment lors des repas. Aux États-Unis, ces moments se sont transformés en occasions d’échanges avec des personnes de tous âges, qui n’hésitaient pas à discuter. À Suzanne, Devon, Annie, Sebastian, Nelson et tous ceux dont nous n’avons jamais su le prénom, merci pour ces instants précieux.

Un pays multi-ethnique bien plus ouvert qu’il n’y paraît

La plupart des Américains rencontrés durant ce voyage incarnent des clichés positifs, ceux des films ou des séries que nous avons aimés en grandissant. Ils possèdent une force intérieure et une joie de vivre qui transforment chaque problème en solution. Bien sûr, ils peuvent en faire des tonnes, mais cela contribue aussi à leur charme.

Ce soit la conductrice de navette qui nous a accueillis à l’aéroport de Los Angeles en lançant « Come on in, my lovely fellows ! Moi c’est Joleene et je suis chargée de vous sortir de ce bourbier qu’est l’aéroport de LAX ! », ou le policier de Seattle dirigeant la circulation avec le sourire et nous invitant à revenir visiter sa « magnifique ville » avec nos proches, toutes et tous nous ont réconciliés avec une Amérique que nous regardons souvent de loin, avec dédain ou dégoût, et de moins en moins avec envie.

La responsabilité revient à un homme controversé. Pourtant, les États-Unis ne se résument pas à Donald Trump, et lui seul ne représente pas ce pays. Ce continent est riche en diversité ethnique et bien plus ouvert qu’il n’y paraît. Un pays où l’on peut manifester pour tout sans craindre la répression, et où l’on peut parfois entendre des discours absurdes, comme ces deux individus à Seattle prévenant les pêcheurs que les plaisirs de la vie pourraient les mener droit en enfer. On prend le pari.

Pas un pays de foot

Évidemment, ce voyage pour cette Coupe du Monde a également apporté son lot de déceptions. Certaines étaient prévisibles, comme les longs voyages en avion et la pollution qui en résulte, ainsi que les interminables bouchons (deux heures et demie pour atteindre le Gillette Stadium dans la banlieue de Boston) pour arriver aux stades, et les prix exorbitants fixés par la FIFA pour se restaurer sur place.

D’autres déceptions étaient inattendues, comme ces tribunes de presse complètement fermées à l’atmosphère des rencontres. Une sorte de bunker climatisé où il fallait parfois se contorsionner pour voir l’action. « C’est pour vous permettre de travailler en toute tranquillité », a osé répondre une responsable de la FIFA à un confrère écossais, tout aussi surpris que nous d’être privés de l’essence même du football : l’ambiance.

Ce n’est pas uniquement dans les stades que nous avons ressenti une absence d’intérêt pour la compétition. La communication était totalement absente dans les villes, et les Américains ne semblaient guère passionnés par l’événement, avec des fans-zones fermant en plein Mondial. Au final, il fallait se rendre côté Mexique, où nous avons également rencontré des personnes incroyables, pour véritablement ressentir cet esprit de Coupe du Monde. Une finale au stade Aztec aurait eu une vraie allure.

« Ce qu’il faut faire, c’est que vous choisissiez à nouveau les États-Unis pour accueillir une autre Coupe du Monde », a déclaré Donald Trump, ajoutant que cette fois, le Mexique et le Canada seraient écartés. Quand on vous dit qu’il raconte n’importe quoi, il ne fait pas semblant. Heureusement, ses compatriotes sont d’un autre niveau.