
Coupe du monde 2026 : Les Bleus ne mangent pas bien à Boston
Les joueurs de l’équipe de France ont été aperçus au restaurant Shake Schack de Boston lors de la première soirée de libre accordée par Didier Deschamps. Xavier Rousseau, chef cuisinier des Bleus depuis août 2017, organise les repas sous forme de buffet, comprenant des légumes, des compositions, de la charcuterie, des plats chauds et des desserts.
De notre envoyé spécial à Boston,
Après six jours de résistance, entre notre arrivée en Amérique et notre premier burger dégusté dans un fast-food du centre de Boston (Shake Schack, pour les curieux), la tentation s’est révélée trop forte. Il est en effet presque inévitable de croiser des chaînes de restauration rapide dans cette région où chaque station-service sur l’Interstate, à proximité de la capitale du Massachusetts, abrite un McDonald’s.
Dans un cadre où les calories s’accumulent plus rapidement que les buts de Kylian Mbappé en Coupe du monde, il s’avère plus simple (et moins coûteux) de se rassasier avec des burgers, des grands tacos ou des nuggets plutôt qu’avec une salade équilibrée. Nous craignions que les joueurs de l’équipe de France, amateurs de la culture américaine, ne cèdent à la tentation, surtout qu’ils sont logés en plein centre-ville de Boston.
Certaines vedettes ont effectivement craqué. Des images disponibles sur les réseaux sociaux montrent Malo Gusto, Désiré Doué et Bradley Barcola savourant un repas dans un restaurant Shake Schack de Boston lors de leur première soirée libre accordée par Didier Deschamps au début du tournoi. Kylian Mbappé a également été aperçu avec de grosses boîtes de donuts de Krispy Kreme dans le car, mais c’est à peu près tout.
Un chef français au Four Seasons
Hébergés dans le prestigieux hôtel Four Seasons, entièrement privatisé pour les Bleus pendant la Coupe du monde, les joueurs ne risquent pas un trop grand dépaysement sur le plan culinaire. En effet, le chef exécutif de l’établissement, Patrice Martineau, a été formé dans des établissements réputés comme L’Abbaye de Saint-Michel (2 étoiles Michelin) et La Côte Saint-Jacques (3 étoiles Michelin) en Bourgogne avant de se rendre aux Etats-Unis et au Japon.

Contacté, le Four Seasons a décliné nos demandes d’interview, mais dans un communiqué de presse, l’établissement précise que les menus élaborés par Patrice Martineau « se caractérisent par une cuisine typiquement Nouvelle-Angleterre, empreinte de raffinement européen, et que ses relations avec les fournisseurs locaux garantissent une mise en valeur constante des meilleurs produits de la mer de l’Atlantique ».
Cependant, Martineau n’est pas le seul décisionnaire, il est supervisé par Xavier Rousseau, chef cuisinier des Bleus depuis août 2017, qui gère les repas sous forme de buffet. Dans une vidéo partagée par la Fédération française de football, on peut le voir détailler les différentes options offertes aux joueurs. Un buffet froid proposant des légumes (betteraves, tomates cerises, concombres, cœurs de palmier, asperges…), des compositions (tomates mozzarella, salade de crevettes), ainsi que de la charcuterie.
Le groupe a également accès à un buffet chaud (pâtes, riz, brocolis, viande, poisson, plats cuisinés…), ainsi qu’à une sélection de desserts comprenant des fruits (frais et secs), des produits lactés et des gâteaux. « Franchement, ils mangent bien », confie un membre de l’entourage de l’équipe de France. « Les produits sont très bons, tout est à disposition. »
La France est venue les poches vides
Contrairement à la Coupe du monde au Qatar, où les joueurs avaient voyagé avec des valises pleines de provisions, les Bleus sont cette fois-ci arrivés presque les mains vides. « Nous n’avons pratiquement rien apporté de France, juste quelques condiments », nous a-t-on expliqué. À l’inverse de la Norvège, qui a débarqué aux États-Unis avec 300 kg de poissons, 116 kg de fromage brun et 6 000 oranges, selon ce qu’a indiqué le chef norvégien Aron Espeland à VG. Cette approche a suscité la surprise dans l’encadrement tricolore :
« Même si la majeure partie des fruits et légumes proviennent de Californie, il n’y a que du frais ici. Et puis, nous sommes à proximité de l’océan Atlantique, nous avons donc accès à de nombreux produits de la mer. »
« Ici, presque tout vient de Californie ou du Mexique », confirme Flo, manager depuis quatre ans du Café Sauvage, un établissement français à Boston. « La qualité est bonne, mais le problème, c’est qu’ils ajoutent souvent des produits comme des pesticides. Trouver des produits bio ici est difficile. Cependant, avec un bon chef qui connaît les bons ingrédients, tout peut bien se passer, mais il faut rester vigilant. On a l’impression de manger quelque chose de sain, alors qu’en réalité, c’est souvent chargé en sucres et en graisses. »
Le lobster roll, pas franchement l’idée du siècle
Installé à Boston depuis plusieurs années, Flo assure que même si les Bleus souhaitent sortir de leur hôtel, il leur est possible de trouver de bonnes adresses et d’éviter la restauration rapide. « On peut bien manger à Boston, il suffit juste de faire attention à l’endroit où l’on va, considère-t-il. Il existe de nombreux restaurants américains où la nourriture, de notre point de vue français, peut sembler moyenne, mais cela reste néanmoins bon. Étant donné que Boston a une forte influence européenne, il est possible de bien manger sans trop débourser. C’est une ville où l’on peut faire de bonnes découvertes culinaires. »
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Cependant, il est recommandé à Kylian Mbappé et à ses coéquipiers d’éviter de goûter à la spécialité locale : le lobster roll. D’après notre expérience, ce pain brioché avec du homard et de la mayonnaise n’est pas particulièrement appétissant et peut vite devenir écœurant, tout en n’étant pas très sain. « Ce n’est pas incroyable », confirme Flo, souriant. « Nous, on va retourner prendre un burger. Les valeurs sûres ne déçoivent jamais. »
