France

« Changer l’eau des fleurs » de Jean-Pierre Jeunet : succès ciné et librairie ?

Jean-Pierre Jeunet fait un retour remarqué avec l’adaptation très attendue de l’œuvre de Valérie Perrin, *Changer l’eau des fleurs*. Ce film a rencontré un franc succès lors de sa projection au Festival du Film Francophone d’Angoulême, où les onze salles du CGR étaient combles. L’intrigue, qui tisse les destins d’une gardienne de cimetière, d’un mari indifférent, d’un séduisant commissaire de police et d’une fillette attachante, semble avoir été conçue pour être mise en images par le réalisateur du célèbre *Fabuleux destin d’Amélie Poulain*.

Lors de la présentation du film, Jeunet a partagé son enthousiasme : « C’est le genre de livre où chaque chapitre, voire chaque page, contient une idée qui vous transperce le cœur. » Il était accompagné de Valérie Perrin, ainsi que des acteurs Leïla Bekhti, Melvil Poupaud et la jeune Elodie Batard Gaultier. À l’issue de la projection, tous ont échangé avec le public et le journaliste Jean-Pierre Lavoignat, dans une ambiance de célébration.

Leïla Bekhti brille dans le rôle principal de Violette, une héroïne qui parvient à garder son optimisme malgré les épreuves de la vie. Jean-Pierre Jeunet a d’abord envisagé Audrey Tautou pour ce rôle, mais il a finalement été séduit par la performance authentique de Bekhti, qu’il a découverte dans l’émission *Hot Ones*, où elle a su émouvoir le public tout en partageant une recette de lasagnes.

La comédienne, déjà familière avec le roman, a exprimé son attachement à l’histoire : « J’avais adoré cette histoire parce que, pour moi, c’est parler de la mort sans enfermer le récit dans la tristesse. Mon personnage va chercher la lumière bien qu’elle vive des choses horribles. » Sa prestation pourrait bien lui valoir une nomination aux César, tant elle incarne avec brio son personnage.

Le film est également porté par Matthias Schoenaerts, qui apporte une touche de tendresse à son personnage de motard, et Melvil Poupaud, qui incarne un policier sensible. Ce dernier a confié : « Ça me faisait du bien de passer du côté de la lumière parce que j’avais enchaîné quelques rôles assez sombres. Être ce rayon de soleil dans cette histoire assez sombre m’a plu. » La bande sonore, signée Saycet, accompagne parfaitement ce récit haletant.

*Changer l’eau des fleurs* se déploie avec une élégance qui captive le spectateur dès les premières images. Jeunet, en véritable conteur et esthète, parvient à allier forme et fond avec une virtuosité qui n’avait pas été vue depuis un certain temps.

L’adaptation du roman ne nécessite pas d’avoir lu l’œuvre originale pour en apprécier la richesse. Jeunet a su reproduire la structure en puzzle du livre, créant un film captivant où les pièces s’assemblent progressivement. Entre mystère et mélodrame, il réussit à retranscrire l’esprit du roman tout en laissant sa propre empreinte. *Changer l’eau des fleurs* incite à (re)lire le livre de Valérie Perrin, tout en promettant d’attirer un large public en salles. La sortie du film est prévue pour le 9 décembre, et il est déjà pressenti pour un succès retentissant.