
Changement climatique : « Ce n’est pas une option » pour ces réserves citoyennes en crise
Sous le vaste hangar du Parc des Expositions de Bordeaux, une mobilisation impressionnante se déploie pour accueillir les personnes évacuées à cause des incendies ravageurs en Gironde. Ces bénévoles, véritables piliers de l’organisation, se consacrent à des tâches variées, allant de la préparation des repas à l’assistance psychologique des sinistrés. Leur engagement a été unanimement salué, témoignant d’une solidarité exemplaire face à la crise. Cette initiative a été rendue possible grâce à l’implication de 200 réservistes de l’unité de réserve de la métropole, formés depuis trois ans pour gérer des situations d’urgence, notamment les feux de forêts.
La nécessité de telles réserves citoyennes se fait ressentir dans plusieurs métropoles françaises, qui cherchent à mieux se préparer aux crises exacerbées par le changement climatique. Des villes comme Marseille, Rennes et Angers ont déjà mis en place des systèmes similaires, tandis que d’autres envisagent sérieusement cette option face à l’augmentation des catastrophes naturelles.
Créée en 2023, la réserve citoyenne de Bordeaux a été établie suite aux incendies dévastateurs de 2022. Margot Pinsolles, attachée de presse à Bordeaux métropole, souligne que de nombreux volontaires ont été formés pour faire face à des crises comme celle des incendies. Fin juillet, ces réservistes ont été mobilisés en priorité lors des premières évacuations dans le sud-ouest.
Parmi ces réservistes, Carole*, 55 ans, exprime son désir de contribuer activement à la communauté. Elle se dit particulièrement touchée par la fréquence des feux de forêts dans sa région. Après un entretien de motivation, elle a suivi plusieurs formations pour acquérir des compétences essentielles, allant de la sensibilisation du public à l’apport de premiers secours et de soutien psychologique.
Si la Gironde se concentre sur les incendies, d’autres régions de France se préparent à des risques variés. À Orléans, par exemple, les réservistes sont formés spécifiquement aux inondations, une réponse à des événements climatiques extrêmes, comme l’inondation de l’autoroute A10 en mai 2016. Olivier Geffroy, adjoint au maire, rappelle que la création de la réserve communale de Sécurité civile a été une réponse directe à cette crise. Actuellement, 70 réservistes sont formés dans la commune et 350 dans l’ensemble de la métropole, prêts à intervenir rapidement en cas d’urgence.
La vigilance rouge canicule, qui touche de nombreux départements, est la dernière crise en date. Dans ce contexte, les réservistes se mobilisent pour aider les populations vulnérables, soulignant l’importance de cette solidarité en période de crise.
Depuis la loi de modernisation de la Sécurité civile du 13 août 2004, les communes ont la possibilité de créer des réserves communales. Ces réserves agissent en complément des services municipaux et des services de secours, renforçant ainsi la capacité de réponse face aux crises.
