France

Canicule : L’extrême droite attaque les Verts face au dérèglement climatique

En plein mois d’août, la France subit sa cinquième canicule depuis le début de l’été, marquant un tournant alarmant dans la gestion des crises climatiques. Le pays a déjà enregistré un nombre sans précédent d’hectares ravagés par les incendies, battant ainsi des records historiques. Juillet 2026 s’est également distingué comme le mois le plus chaud depuis le début des relevés en 1900, affichant une température supérieure de 3,8 °C aux normales saisonnières. La sécheresse affecte désormais 98 départements sur 101, ajoutant une couche supplémentaire de complexité à cette crise environnementale.

Marine Tondelier, figure emblématique des écologistes, a souligné que cette situation dramatique illustre les avertissements formulés par les défenseurs de l’environnement depuis des décennies. Cependant, au lieu d’unir les forces autour de cette problématique, l’été 2026 a été marqué par des attaques virulentes contre le mouvement écologiste, en particulier de la part du Rassemblement national.

Le parti d’extrême droite a rapidement saisi l’occasion pour critiquer ce qu’il qualifie d’« écologie de la décroissance », arguant que cela conduirait à des solutions inefficaces. Julien Odoul, député RN, a accusé les écologistes d’avoir « refusé les débroussaillages » nécessaires pour prévenir les incendies, une affirmation que les Verts ont catégoriquement rejetée. Amandine Richaud Crambes, ingénieure en environnement, a noté que cette critique émane de partis qui, par le passé, n’ont pas intégré de programme écologique solide et tentent maintenant de se repositionner face à une réalité climatique indéniable.

Juliette Grange, auteure d’un ouvrage sur l’écologie, partage cet avis, soulignant que l’extrême droite adopte une stratégie d’attaque pour détourner l’attention de son passé climatosceptique. Malgré cette offensive, les écologistes peinent à tirer profit des événements de l’été. Les sondages montrent que les intentions de vote pour Marine Tondelier restent faibles, oscillant entre 3 et 5 % durant cette période, et la confiance envers le mouvement écologique est en deçà de celle accordée au RN.

François Gemenne, chercheur en environnement, souligne que la situation actuelle n’est pas favorable aux écologistes, même si les critiques à leur encontre sont injustes, étant donné leur long combat pour sensibiliser à ces enjeux. Il admet que les mouvements écologiques ont parfois échoué à proposer des solutions concrètes et adaptées.

La question de la climatisation illustre bien ce clivage. Alors que La France Insoumise s’oppose à son usage généralisé, Marine Tondelier a exprimé ses réserves sur son efficacité, la qualifiant d’« inégalitaire » et d’aggravant le phénomène de réchauffement. Pourtant, avec un surplus d’électricité en été grâce à son parc nucléaire, la France pourrait envisager cette solution. Un sondage récent révèle que 83 % des Français soutiennent un déploiement accru de la climatisation face aux vagues de chaleur, y compris 73 % des militants écologistes.

Face à cette situation, le RN a su capitaliser sur des propositions de plan climatisation, bien que celles-ci soient critiquées pour leur coût et leur réalisme. Amandine Richaud Crambes note que ce discours solutionniste est plus attrayant en communication que celui des écologistes, souvent perçu comme fataliste. Corine Pelluchon, philosophe, critique également les écologistes pour leur incapacité à créer un imaginaire positif autour des adaptations nécessaires, qui sont souvent présentées comme des contraintes plutôt que comme des opportunités.

La montée du solutionnisme dans le discours politique ne se limite pas à la France. À l’étranger, des mouvements similaires se manifestent, comme aux États-Unis où Donald Trump a démantelé des agences environnementales au profit des énergies fossiles. En Europe, des renoncements écologiques se multiplient sous prétexte de compétitivité économique, illustrant un conflit persistant entre développement économique et protection de l’environnement.

Malgré tout, l’été 2026 pourrait marquer un tournant pour l’écologie en France, avec 58 % des Français considérant la lutte contre le changement climatique comme un enjeu majeur pour la présidentielle de 2027. Amandine Richaud Crambes conclut sur une note d’espoir, notant une évolution des mentalités et une intégration croissante de termes liés au réchauffement climatique dans le langage courant.