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Canicule : La forte chaleur peut-elle faire chuter la fertilité masculine ?

Cette semaine, la France est confrontée à un épisode de chaleur avec des températures atteignant plus de 39 °C selon Météo-France. La production spermatique a chuté de plus de 50 % en cinquante ans, passant de plus de 100 millions de spermatozoïdes par millilitres dans les années 1970 à 50 millions aujourd’hui.

« Plein les c… du réchauffement climatique ! » Cette semaine, la France subit un épisode de chaleur sans précédent, avec des températures dépassant 39 °C, selon Météo-France. Ce phénomène devrait se reproduire de plus en plus fréquemment dans le futur et pourrait impacter la fertilité des hommes.

En effet, plusieurs études récentes révèlent que des vagues de chaleur extrêmes augmentent le risque d’une diminution du nombre de spermatozoïdes, ce qui entrave la procréation. Avec la hausse de la fréquence des vagues de chaleur, la capacité reproductive des hommes pourrait-elle être menacée ?

La chaleur dégrade la production de spermatozoïdes

Pas totalement, affirment les spécialistes interrogés par 20 Minutes. Les testicules ont une température spécifique. « La température scrotale doit se situer aux alentours de 33,5 et 34 °C, tandis que la température centrale du corps humain est de 37 °C. Ainsi, la nature a placé cette poche à l’extérieur du corps humain », explique le docteur Samir Hamamah, président de la Fédération française d’étude de la reproduction.

« La chaleur est l’un des facteurs qui peuvent impacter le processus de la spermatogenèse, surtout dans la première phase de fabrication et de développement des spermatozoïdes », détaille le médecin.

William Akakpo, chirurgien urologue, andrologue et expert en fertilité masculine, précise : « L’hyperthermie testiculaire affecte négativement le développement des cellules germinales, qui sont à l’origine des spermatozoïdes. Cela entraîne une altération de ces cellules, ce qui peut réduire le nombre de spermatozoïdes. » Ce phénomène a été observé, par exemple, chez les enfants atteints de cryptorchidie (testicules non descendus) et est aussi utilisé dans le cadre de certaines méthodes de contraception, comme les slips chauffants ou les anneaux contraceptifs qui font remonter les testicules.

En cas de surchauffe, en plus de la diminution du nombre de spermatozoïdes, ceux qui sont produits voient également leur mobilité baisser. Cela peut également entraîner une augmentation de la mortalité embryonnaire lors de la fécondation, selon Samir Hamamah.

Pas de danger direct

Cependant, les deux spécialistes se veulent rassurants. Les fortes températures que nous connaissons ne sont pas capables d’entraver directement ce développement.

Tout d’abord, à moins que cela n’arrive avant la puberté et de manière intensive, les effets de la chaleur ne sont pas irréversibles. Le cycle de formation d’un spermatozoïde dure 74 jours et les « lignées » (les millions de spermatozoïdes produits chaque jour) affectées sont ensuite remplacées. « Si vous régulez ce problème de chaleur, cela peut s’améliorer en 3 à 6 mois », explique William Akakpo.

De plus, le corps humain démontre une grande capacité d’adaptation. Par exemple, la production spermatique ne varie pas entre l’hiver et l’été. « Regardez les populations vivant dans des pays où il fait chaud toute l’année, dans le Golfe, en Nouvelle-Calédonie ou aux Antilles. Elles ne rencontrent pas plus de problèmes de fertilité que d’autres. Il y a ce qu’on appelle des modifications épigénétiques, c’est-à-dire des changements dans l’activité des gènes sans modification de la séquence d’ADN », illustre Samir Hamamah.

Pantalons serrés, sport intensif… d’autres causes aggravées par les températures

Néanmoins, le médecin remarque que « dans ces régions, ils portent souvent des vêtements et des caleçons amples ». En effet, ce qui peut nuire à la production de spermatozoïdes, ce sont d’autres facteurs, tels que le port de sous-vêtements ou de pantalons trop serrés, qui remontent les testicules, une pratique quotidienne excessive du vélo, des exercices intensifs, la fréquentation de saunas ou des bains chauds réguliers.

Ces comportements, déjà nocifs pour la fertilité masculine, peuvent avoir un impact accentué lors des fortes chaleurs et en période de canicule. « Cependant, ce sont des habitudes à éviter tout au long de l’année », précise William Akakpo, qui évoque également les sièges chauffants dans certaines voitures en hiver. Ces pratiques sont à proscrire pour les hommes souhaitant procréer.

Stress et sommeil à rudes épreuves

En revanche, le réchauffement climatique peut avoir des conséquences indirectes très concrètes. Le stress induit par la chaleur, une mauvaise qualité de sommeil, ainsi que l’éco-anxiété influencent négativement la qualité du sperme.

La production de spermatozoïdes a chuté ces dernières décennies, passant de plus de 100 millions par millilitre dans les années 1970 à 50 millions aujourd’hui. Cela représente une diminution de plus de 50 % en cinquante ans, due en partie à l’absorption de perturbateurs endocriniens et à la pollution, qui peuvent également être exacerbées par le réchauffement climatique.