Basket : Tony Parker fascine toujours en passant de joueur à entraîneur
L’équipe américaine de la catégorie U17 n’a jamais perdu, battant ses adversaires avec 30 points d’écart en moyenne. Tony Parker a débuté son stage de préparation avec le groupe France U17 le 1er juin à Lyon.
À la Tony Parker Academy à Lyon,
« Sur cette catégorie U17, l’équipe américaine n’a pas perdu depuis… Elle n’a jamais perdu en fait, et elle bat ses adversaires avec 30 points d’écart en moyenne. » Dounia Issa, nouvel entraîneur adjoint de l’équipe de France de basket des moins de 17 ans, résume parfaitement « l’énorme challenge » qui attend les Bleuets, ce samedi (16h30) à Istanbul, pour leur entrée en lice dans la Coupe du monde U17.
Sur le banc tricolore, pour essayer de faire face au septuple champion du monde de la catégorie, l’ancien meneur des Spurs et de l’équipe de France, Tony Parker, fera ses débuts en match officiel. Lors d’un entraînement ouvert à la presse, le 4 juin dans son académie à Lyon, en plein stage de préparation pour ce Mondial, il ne cachait pas son émotion face à cette nouvelle étape de sa carrière.

Nathan Soliman et Aaron Towo-Nansi en tête d’affiche
« Ça me fait chaud au cœur, confiait-il alors à une dizaine de médias. Franchement, je suis comme un enfant qui vit son premier jour à l’école et qui met la tenue. Je suis tellement fier d’avoir cette opportunité. Je remercie la Fédération de me faire confiance avec un gros projet, et je suis très content de représenter la France. » À 44 ans, « TP » ouvre donc un nouveau chapitre, sept ans après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle, tout en restant président de l’Asvel depuis 2014.
« Le joueur, il n’existe plus, assure le champion d’Europe 2013. Maintenant, c’est coach Parker et c’est à moi d’avoir cette posture tous les jours, de mettre les joueurs dans les meilleures conditions pour qu’ils réussissent. C’est mon job : co-construire le projet avec eux. » Comment l’arrivée du célèbre joueur de basketball français a-t-elle été accueillie par la jeune génération 2009, portée par les grands espoirs Nathan Soliman (nouveau joueur de Bourg) et Aaron Towo-Nansi (Cholet) ?
« Il veut qu’on soit des tueurs »
Bien qu’il n’ait que 5 ans lors du dernier sacre NBA de « TP » avec San Antonio, Brandon Muela comprend qu’il a à faire à « un grand joueur, avec plein d’expérience, en NBA comme au niveau européen ». Interrogé par 20 Minutes, l’ailier du Pôle France (N1, 3e division) a rapidement identifié les priorités de son nouveau sélectionneur, alors que l’équipe de France vise la troisième médaille de son histoire dans un Mondial U17 masculin, après l’argent en 2018 et le bronze en 2022.
« Il nous a dit qu’il était là pour absolument gagner. Il veut qu’on soit des tueurs et que les adversaires aient peur de nous. Il est beaucoup axé sur le jeu américain. Il veut de l’agressivité, de l’impact physique, et qu’on joue nos 1 contre 1. Avec lui, on sent dès l’entraînement que si on peut ‘tuer’ notre adversaire, il faut le faire. Il veut absolument qu’on ose tirer et qu’on prenne nos responsabilités, c’est la mentalité américaine. »
L’héritage des Spurs de Gregg Popovich
Ce dernier contraste fortement avec les standards du sport français, durant ses 16 années à porter le maillot bleu (181 sélections de 2000 à 2016). Son ancien coéquipier en sélection de 2008, qui est maintenant coach adjoint, Dounia Issa, déclare pour 20 Minutes : « Tony, c’est un compétiteur extrême, donc les joueurs sont mis face à l’exigence et la discipline du très haut niveau. Il apporte également beaucoup de leadership aux jeunes, il transmet énormément de valeurs et d’expérience. Tony Parker en tant qu’entraîneur est très similaire au joueur, tant au niveau de la personnalité que du caractère ».

Avec le recul, alors que le MVP des finales NBA en 2007 tient à « donner beaucoup de responsabilités » à ses assistants durant les séances. « C’est comme ça que j’ai vécu pendant près de vingt ans avec coach Popovich et son staff », ajoute le concerned. Le légendaire entraîneur des Spurs représente évidemment son inspiration principale, comme le note déjà Dounia Issa : « Dans son basket, on retrouve exactement ce qu’il croit et ce qu’on voyait aux Spurs : le partage de la balle, la dureté, l’intelligence de jeu et la discipline ».
Bientôt entraîneur… et toujours président de l’Asvel ?
Autant de valeurs qu’il a souhaité transmettre plus directement que dans son rôle de dirigeant, concrétisées par sa nomination par la FFBB en novembre. « C’est génial d’être président de club, mais je ne suis pas sur le terrain, explique « TP ». Le contact avec les joueurs, l’adrénaline des matchs, ça me manquait, et j’avais envie de coacher. J’en ai beaucoup parlé avec mon père, et son idée était que je commence avec une équipe de France jeunes. »
Et pour la suite ? Tony Parker ne cache pas : « C’est un objectif, un jour, de pouvoir coacher l’équipe de France A et en NBA. Ce serait incroyable mais je ne suis pas pressé. Il y a des étapes à franchir. » Pour le moment, est-il envisageable qu’il dirige son club, l’Asvel, dans les prochaines semaines ? « Pour l’instant, rien n’est fait, a-t-il assuré le 4 juin. Il y a des discussions, mais cela n’est pas du tout ma priorité. »
Pourrait-il alors être à la fois président et entraîneur de l’équipe villeurbannaise cette saison, une double fonction peu courante dans le monde du sport de haut niveau en France ? « Bah tout est possible, j’ai vu ça aux États-Unis, puisque mon propre coach Gregg Popovich était aussi président des opérations basket », répond-il. Ainsi fonctionne Tony Parker, tant dans sa passion pour le basket que dans ses affaires : il ne se fixe jamais de limites, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.
Ses journées partent dans tous les sens
Bien qu’il ait obtenu son diplôme d’entraîneur en France la saison passée et ait « beaucoup échangé » avec Zinédine Zidane sur « la transition joueur-coach », Tony Parker est conscient que des critiques l’attendent en cas d’échec, notamment lors de cette Coupe du monde U17 qui se déroule jusqu’au 5 juillet en Turquie. Cela est accentué par ses multiples engagements, notamment la recherche d’investisseurs pour l’Asvel, le recrutement de joueurs, les enjeux de la NBA Europe et ses projets en dehors du basket.
Dounia Issa décrit le quotidien de son ami : « Tony m’impressionne, il commence ses journées à 5h30, fait du sport à 6h15 et est déjà sur tous les dossiers à 7 heures. Puis il a sa réunion avec son staff U17, enchaîne des rendez-vous pour l’Asvel, avant de revenir avec son staff de coaching pour préparer les entraînements. C’est un amateur de ce sport au sens extrême. » Cette admiration est partagée au sein du vestiaire des Bleuets, selon les propos de Brandon Muela.
Notre dossier sur Tony Parker
« C’est incroyable qu’il arrive à gérer autant de choses, il nous fascine vraiment. C’est Tony quoi, je sais qu’il trouvera une solution à chacun de ses problèmes, comme il le fait avec nous aux entraînements. » Mais réussira-t-il également en compétition pour son baptême du feu, ce samedi, face à l’invincible équipe des États-Unis ?
