
Baisse du niveau PISA : Parents moins présents, élèves favorisés utilisent l’IA.
La France continue de naviguer dans des eaux troubles en matière d’éducation, comme le révèle la dernière édition du classement PISA, qui évalue les compétences des élèves à travers le monde. Les provinces chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang se distinguent en tête des classements en sciences et mathématiques, tandis que Singapour excelle en compréhension de l’écrit. D’autres régions comme Macao, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud complètent le tableau des meilleures performances.
Depuis 2000, l’OCDE, qui regroupe 38 pays, s’efforce de mesurer l’efficacité des systèmes éducatifs en examinant les aptitudes des élèves de 15 ans dans trois domaines clés : la compréhension de l’écrit, les mathématiques et les sciences. Pour cette édition 2025, l’accent a été mis sur les sciences, avec 6 500 élèves français évalués dans 289 établissements scolaires sélectionnés par tirage au sort.
Les résultats français, bien que se maintenant dans la moyenne des pays de l’OCDE, affichent une baisse alarmante. Éric Charbonnier, expert en éducation à l’OCDE, souligne que cette édition révèle « la performance moyenne la plus faible jamais observée dans les pays de l’OCDE ». En effet, la France a enregistré une chute significative de plus de 20 points en compréhension de l’écrit et en mathématiques, tandis que les performances en sciences restent relativement stables. Comparativement à 2022, les élèves français ont perdu 4 points en sciences, 18 points en compréhension de l’écrit et 16 points en mathématiques, l’OCDE estimant qu’une baisse de 20 points équivaut à environ une année scolaire.
L’analyse des résultats révèle une tendance préoccupante : entre 2012 et 2025, les performances des élèves ont décliné dans tous les domaines. En sciences, la moyenne est passée de 499 à 483 points, en lecture de 505 à 456 points, et en mathématiques de 484 à 458 points. Notamment, l’écart de performance entre les élèves issus de milieux favorisés et ceux défavorisés s’est réduit, mais pas sans conséquences. Les élèves favorisés ont vu leurs résultats en mathématiques chuter de 38 points, tandis que ceux des élèves défavorisés ont baissé de 22 points. Éric Charbonnier indique que « notre système éducatif a vraisemblablement des difficultés qui se sont généralisées parmi les élèves favorisés ».
Un autre point de préoccupation souligné par l’OCDE est que près d’un tiers des élèves français éprouvent de grandes difficultés en compréhension écrite. Les élèves, tant en France que dans d’autres pays, peinent davantage avec les questions nécessitant des processus cognitifs complexes, comme la réflexion ou la lecture de textes longs. Par ailleurs, l’étude met en lumière une augmentation des absences d’enseignants, avec 45 % des chefs d’établissement déclarant manquer de professeurs en 2025, contre 17 % en 2015.
Concernant le soutien parental, l’OCDE s’inquiète d’un affaiblissement de l’implication des familles, particulièrement en France, alors que leur rôle est crucial pour la réussite scolaire des enfants. Une baisse de la compréhension de l’écrit a été observée chez les garçons issus de milieux favorisés, une tendance nouvelle. Éric Charbonnier évoque l’hypothèse selon laquelle l’essor de l’intelligence artificielle dans ces foyers pourrait en être une explication, plaidant pour une « utilisation modérée » du numérique à des fins éducatives. Malgré ces défis, il est à noter que les élèves français affichent une curiosité supérieure à la moyenne et manifestent un intérêt pour les sciences.
Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a qualifié les résultats de l’étude PISA de « préoccupants », tout en précisant qu’ils n’étaient « hélas, pas une surprise ». Il a exprimé l’espoir que, si des réformes pédagogiques et une plus grande autonomie des établissements sont mises en œuvre, la France pourrait retrouver une place enviable dans le classement d’ici 2033.
