
Accident mortel de bouée tractée : Quelle réglementation pour ces activités nautiques ?
Un tragique accident s’est produit ce mardi à Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales, où deux personnes ont perdu la vie et une autre a subi des blessures graves lors d’une activité de bouée tractée. D’après les premières informations communiquées par le procureur de la République de Perpignan, Jérôme Bourrier, le pilote du bateau aurait été éjecté en raison des vagues, entraînant une perte de contrôle de l’embarcation, qui a alors percuté les victimes. Le pilote a également succombé à ses blessures.
Face à cet événement tragique, une enquête pour « homicide involontaire » a été ouverte afin de déterminer les circonstances précises de cet accident. Cela soulève des questions sur la sécurité entourant la pratique de la bouée tractée, qui est régie par des règles strictes. La division 240, un texte législatif, impose des obligations de sécurité pour les navires de plaisance, y compris les bouées tractées et autres engins nautiques.
Les réglementations stipulent que la bouée tractée ne peut être pratiquée que pendant la journée, dans des zones spécifiques, à plus de 300 mètres des zones de baignade et jusqu’à deux milles nautiques d’un abri. De plus, les participants doivent obligatoirement porter un gilet de sauvetage d’une flottabilité minimale de 50 Newtons, ou 100 Newtons pour les enfants de moins de 30 kg, afin de garantir leur sécurité en cas de chute.
Concernant l’équipage, la loi exige la présence de deux personnes à bord : un pilote et un observateur. Toutefois, si le pilote possède un brevet d’État de moniteur, il peut conduire et surveiller seul, à condition que le bateau soit équipé d’un rétroviseur. Pour encadrer cette activité, le moniteur doit détenir un Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS) spécialisé ou un Certificat de Qualification Professionnelle (CPQ) en activités nautiques.
Un autre aspect crucial de la sécurité est l’utilisation d’un coupe-circuit, qui doit être attaché au conducteur pour arrêter le moteur en cas de problème. Ce dispositif sera probablement un point central de l’enquête, étant donné que le bateau a continué à naviguer après l’accident. La réglementation précise qu’un second coupe-circuit doit être facilement accessible et connu de tous les passagers à bord.
Les recommandations de sécurité incluent également des limites de vitesse selon le poids des passagers et la longueur de la corde de traction. En général, il est conseillé de ne pas dépasser 30 km/h pour les adultes et 20 km/h pour les enfants, tout en maintenant la longueur de la corde à un maximum de 20 mètres pour éviter les pertes de contrôle.
Romain Triqueneaux, de la Fédération française motonautique, souligne l’importance de la conduite du moniteur, qui doit tenir compte des conditions de mer et de vent. La Fédération Française de Ski Nautique et de Wakeboard, contactée par 20 Minutes, a choisi de ne pas commenter la situation actuelle, préférant attendre les résultats de l’enquête en cours.
