Yvan Verougstraete (Les Engagés) propose un plan d’économie pour l’enseignement.
L’augmentation du montant du minerval de 835 à 1194 euros concerne 58% des étudiants, et les mesures d’économies dans l’enseignement ont été validées lors d’un vote au Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles. Yvan Verougstraete a déclaré que ces mesures « ne sont pas agréables, mais elles sont nécessaires », tout en ajoutant qu’il souhaite un débat respectueux et positif pour renouer le dialogue avec les enseignants.
Augmentation de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur sans compensation salariale, hausse du montant du minerval de 835 à 1194 euros pour 58% des étudiants, réduction du budget pour financer la gratuité des fournitures scolaires : les mesures d’économies dans l’enseignement ont été approuvées dans la nuit de jeudi à vendredi lors d’un vote au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Parmi les partis ayant voté en faveur de ce décret programme, on retrouve les Engagés.
« J’assume avec force », déclare Yvan Verougstraete. Ces mesures « ne sont pas agréables, mais elles sont nécessaires. La réalité budgétaire qui s’impose à nous nous oblige à prendre des décisions difficiles mais nécessaires. Nécessaires pour pérenniser l’enseignement, et un enseignement de qualité qui nous est chevillé au cœur, mais pour lequel on doit pouvoir faire des efforts importants. Et c’est ce que nous avons voulu décider et assumer nos responsabilités à cet égard », justifie le président des Engagés, invité dans Matin Première.
Cependant, tous les membres des Engagés n’ont pas voté en faveur de ces mesures d’économies. La députée Mathilde Vandorpe s’est abstenue. Sur Facebook, elle a expliqué son choix :
Plus d’un millier de manifestants s’étaient rassemblés aux alentours du Parlement de la FWB contre ce décret programme. Une foule qui n’a pas hésité à huer le président des Engagés : « Le sentiment par rapport à ça, c’est que c’est un sentiment de tristesse de voir quelque part le pays se fracturer », déclare Yvan Verougstraete.
« Je comprends la colère, mais je condamne les excès qui en découlent parfois et l’instrumentalisation qui a pu en être faite. Vous savez, je pense que l’école, c’est d’abord la rationalité, c’est le débat d’idées, c’est la capacité de s’exprimer, d’argumenter sur le fond, de ne pas forcément être d’accord, mais de respecter aussi ce que la majorité décide, respecter aussi la démocratie, respecter aussi les faits. Et je pense qu’aujourd’hui, on est sortis de ça. On est dans un débat où l’émotion a pris le pas. Et je pense que ça, c’est dangereux », poursuit-il.
Avoir voté ces mesures d’économies dans l’enseignement pourrait avoir un impact électoral pour les Engagés. Et Yvan Verougstraete l’assume : « On n’a pas sous-estimé le fait qu’électoralement, ça eût été plus porteur, de crier avec la meute ou de ne pas prendre des décisions, comme d’autres ont évité de les prendre par le passé. Si vous êtes dans la jungle et que vous faites une traversée, et qu’à un moment donné, vous arrivez devant un précipice, est-ce que vous préférez avoir un guide qui vous dit qu’on va aller tout droit, ou bien est-ce que vous préférez un guide qui vous dit que l’on va devoir faire un détour de deux heures, construire un pont et veiller à passer tous en sécurité cet obstacle ? »
Le président des Engagés se défend ainsi de trahir son électorat.
Yvan Verougstraete souhaite, à présent, un débat respectueux et positif : « Je prendrai mon bâton de pèlerin, nous prendrons tous notre bâton de pèlerin pour renouer le dialogue. Parce qu’avec les enseignants, les enseignantes, les pouvoirs organisateurs, les directions, la réalité c’est que l’on partage la même volonté, c’est-à-dire d’avoir un enseignement de qualité. Ce sont des femmes et des hommes qui sont extrêmement investis dans leur fonction. Et donc, on va faire le tour de toutes les provinces pour discuter. »
Le président des Engagés a également tenu à rassurer les enseignants et les enseignantes qui craignent de perdre leur emploi suite à ces mesures d’économie. « Pour toute l’année 2026-2027, nous allons veiller à ce que tous les professeurs qui étaient déjà investis au service de nos enfants puissent continuer à garder leurs charges », précise Yvan Verougstraete qui évoque le déblocage de budget supplémentaire.

