
Vague de chaleur et changement climatique : causes et état des lieux.
Les températures moyennes de la Terre se sont réchauffées de 1,39° de 1850 à 2025 (source : Météo-France). Selon l’observatoire européen Copernicus, l’Europe se réchauffe actuellement deux fois plus vite que la moyenne planétaire, avec un gain de 0,56° par décennie depuis 30 ans.
Évolution au fil du temps
Depuis la fin de la dernière glaciation, il y a 12 000 ans, les températures ont peu varié, en dépit du développement humain. Au cours des 2 000 dernières années, elles ont même eu tendance à légèrement diminuer, en dixièmes de degrés. Cependant, un changement significatif survient durant la révolution industrielle, au milieu du 19e siècle. Les graphiques publiés par le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et ses milliers de scientifiques venus de 195 pays en témoignent clairement.
Les dernières décennies : un réchauffement accéléré
Un examen plus approfondi révèle une augmentation très rapide des températures au cours des 170 dernières années. Cette hausse est liée à l’activité humaine : la déforestation et l’utilisation massive des énergies fossiles augmentent les émissions de gaz à effet de serre. Le CO2, le méthane, le protoxyde d’azote et les gaz fluorés piègent le rayonnement infrarouge réémis par la Terre, entraînant un réchauffement de l’atmosphère. Ce réchauffement a des conséquences en cascade, notamment la fonte des glaces, contribuant à libérer du CO2 emprisonné et à accélérer davantage ce phénomène.
Ainsi, de 1850 à 2025, la planète a enregistré un réchauffement de 1,39° (source : Météo-France).
Les trois dernières années (2023-2025) ont connu une température moyenne supérieure de plus de 1,5° par rapport à la période préindustrielle (source : Copernicus).
Les 11 dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur Terre (source : Copernicus).
1992 : premières mesures
Le premier rapport du GIEC sur le changement climatique a été publié en 1990. Deux ans plus tard, un sommet de la Terre s’est tenu à Rio, au cours duquel la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été signée. Il s’agissait du premier traité international sur le changement climatique impliquant 154 pays, dont la Belgique. Aujourd’hui, ils sont 198, en incluant l’Union européenne. En 1995, la première COP (Conférence des parties) a eu lieu.
Cependant, c’est en 2015 qu’un tournant majeur pour le climat se produit : l’accord de Paris. 196 États décident de maintenir l’augmentation de la température moyenne de la planète en dessous de 2° par rapport aux niveaux préindustriels, et de préférence sans dépasser +1,5°. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de réduire les émissions de CO2. Un engagement également pris par l’Union européenne avec son Pacte vert pour l’Europe (2019), qui vise à réduire les émissions de CO2 de 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990, et à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Cela se traduit par un virage vers l’électrification des transports, secteur responsable d’un tiers des émissions de carbone.
Perspectives futures : toujours plus chaud !
Les mesures prises à l’échelle locale ou continentale n’arrêteraient pas encore le changement climatique. D’une part, il faut des années pour que des changements soient visibles, d’autre part, tous les pays ne respectent pas les engagements. La Chine est responsable de 29 % des émissions de CO2 dans le monde, les États-Unis en représentent 11 % et l’Union européenne 6 %. Ainsi, la Terre continue de se réchauffer. L’Organisation météorologique mondiale, qui dépend de l’ONU, a récemment publié un rapport annuel pessimiste.
Selon l’OMM, « les températures moyennes mondiales devraient rester à des niveaux record ou quasi-record » pendant la période 2026-2030, avec 75 % de probabilité que la moyenne de ces cinq années dépasse de plus de 1,5° celle des niveaux préindustriels.
Les différents scénarios du GIEC avaient déjà prédit cela. Selon les perspectives les plus optimistes en matière de réduction de CO2, d’ici 2100, nous gagnerons de 1° à 1,8° par rapport à 1850. En revanche, la projection la plus pessimiste annonce une hausse de 3,3° à 5,7° supplémentaires, avec des conséquences catastrophiques telles que la fonte des glaces, l’élévation du niveau de la mer, la perte de biodiversité et des épisodes de chaleur extrême plus fréquents.
Différences planétaires
Les effets du CO2 ne sont pas répartis de manière égale dans le monde, et il en va de même pour la hausse des températures. Certaines régions se réchauffent plus rapidement que d’autres, notamment l’Europe. D’après l’observatoire européen Copernicus, le continent se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, avec une augmentation de 0,56° par décennie au cours des 30 dernières années. Ce phénomène s’explique en partie par la réduction des surfaces glacées, qui réfléchissent une partie des rayons du soleil et maintiennent l’humidité des sols, ainsi que par la proximité avec l’Arctique.
En effet, l’Arctique est la région du globe où le réchauffement est le plus rapide, avec une augmentation de 0,75° par décennie.
L’Organisation météorologique mondiale confirme cette tendance dans ses perspectives : « Les prévisions indiquent que le réchauffement dans l’Arctique continuera de largement dépasser la tendance globale. Au cours des cinq prochains hivers prolongés dans l’hémisphère nord (de novembre à mars), la température dans l’Arctique devrait être supérieure de 2,8° à la normale pour la période 1991-2020.«
Conséquences : plus de canicules
Alors que notre pays, au climat océanique tempéré influencé par le Gulf Stream, a longtemps été épargné par les vagues de chaleur (définies comme cinq jours à 25° dont trois jours à plus de 30°), ce n’est plus le cas. L’Institut royal météorologique a enregistré 50 vagues de chaleur entre 1901 et 2025 à la station d’Uccle. D’abord relativement espacées, elles deviennent de plus en plus fréquentes. Aucune n’a été recensée entre 1960 et 1975, alors que depuis dix ans, il y a en moyenne au moins une par an, excepté en 2021 et 2024. La vague de chaleur actuelle n’est qu’un épisode parmi d’autres, qui est amené à se reproduire à l’avenir.
