Belgique

Une commission d’enquête sur le foyer anderlechtois pour sauver le gouvernement ? Ahmed Laaouej (PS) dénonce : « Posez la question à ceux qui ont créé ce chaos. »

Ahmed Laaouej a déclaré au micro de Matin Première : « On n’en veut toujours pas » concernant la commission d’enquête parlementaire sur le dossier du Foyer anderlechtois. Le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête judiciaire sur Lotfi Mostefa, soupçonné de favoritisme et de clientélisme au sein d’une société qui gère 3800 logements sociaux.

Au lendemain du vote en faveur de la création d’une commission d’enquête parlementaire concernant le dossier du Foyer anderlechtois, les propos d’Ahmed Laaouej lors de son intervention sur Matin Première sont sans équivoque : « On n’en veut toujours pas« .

Pour rappel, suite à un reportage de la VRT, le président de la société de logements sociaux et l’échevin du Logement à Anderlecht, Lotfi Mostefa, est soupçonné de favoritisme et de clientélisme dans la gestion du Foyer anderlechtois, qui gère 3800 logements sociaux. Le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête judiciaire, mais hier, c’était au tour des partis de la majorité bruxelloise de se prononcer sur l’opportunité d’une enquête parlementaire, à la suite d’une proposition d’Anders, soutenue par le MR. Avec six voix en faveur et neuf abstentions, dont trois du PS, la création d’une commission d’enquête semble se confirmer.

Néanmoins, pour le ministre des Pouvoirs locaux, le PS refuse cette enquête. Il dénonce une volonté de « chasse à l’homme » émanant d’une partie de la majorité. « Pour nous, il y a deux principes. D’abord la transparence : Monsieur Lotfi Mostefa lui-même a demandé à être entendu par le Parlement, mais sa demande a été refusée, car certains voulaient visiblement aller directement à la commission d’enquête, un peu pour légitimer une chasse à l’homme. Ensuite, il y a la présomption d’innocence. Il est inacceptable que la dignité d’un homme soit ainsi piétinée.« 

Une commission chargée au timing serré

La commission aura des tâches importantes à accomplir dans les semaines à venir. Elle devra réaliser des auditions d’un certain nombre d’acteurs impliqués dans cette affaire. « Il y a bien sûr ceux qui font l’objet d’accusations qui, à ce stade, doivent encore être prouvées« , ajoute le ministre socialiste. « Et puis il y a ceux qui occupent des responsabilités, tant sur le plan politique que dans l’administration, car il existe des organes de contrôle internes et externes.« 

Deux poids, deux mesures

La défense de Lotfi Mostefa repose principalement sur le fait qu’il n’y a ni fraude ni malversation, mais simplement une manière de travailler. Il souhaitait s’exprimer devant le Parlement bruxellois, mais cette opportunité lui a été refusée. Pour Ahmed Laaouej, il y a indéniablement un traitement différencié par rapport à d’autres affaires. « Quand je vois au niveau fédéral, le même documentaire souligne que le ministre de la Défense a conclu un contrat de 50 millions d’euros pour faire face à une menace de drones qui n’existait que dans son imagination. Des demandes de commission d’enquête ont été formulées à ce sujet, mais le MR et Les Engagés s’y sont opposés.« 

Il accuse, selon ses propres termes, un deux poids, deux mesures. « Pour certains dossiers, il y a une précipitation. Pour d’autres, au contraire, il y a de l’obstruction. On parle d’un ancien ministre des Finances qui a exercé 11 ans et qui est accusé aujourd’hui d’avoir blanchi de l’argent. C’est une affaire d’État au plus haut niveau. Didier Reynders, là aussi, aucune commission d’enquête…« 

La question se pose alors : cette commission a-t-elle pour seul but de sauver la majorité, qui a mis 600 jours à se mettre d’accord et à peine 100 pour se quereller ? « Il faut poser la question à ceux qui ont créé ce chaos, à ceux qui font de ce chantage« , répond le ministre socialiste. « Ce n’est pas le cas du parti socialiste.« 

« Le Parti Socialiste défend le logement social, qui est menacé par certains. Cette commission d’enquête est également perçue par certains comme une volonté de s’en prendre au logement social. Alors que nous avons négocié pendant 600 jours, certains ont même proposé de vendre la moitié du parc de logements sociaux. Donc, il est important de réaliser que tout cela n’est pas innocent…«