Belgique

Un jour, une carte : l’Amérique du Sud oscille entre gauche et extrême droite.

Les électeurs sud-américains ont majoritairement voté à droite, ce qui constitue un changement durable, notamment en Colombie où un extrémiste de droite a été élu après une crise économique persistante depuis une douzaine d’années. Par ailleurs, les observateurs indépendants, y compris des Européens, ont validé la qualité des scrutins organisés par des autorités de gauche.

Des élections d’extrême droite se multiplient en Amérique du Sud

Récemment, l’extrême droite, caractérisée par des tendances racistes, militaires et autoritaires, a émergé de manière significative, marquant une tendance durable après une période d’alternance avec la gauche. Une analyse préliminaire pourrait laisser penser que ces changements résultent d’une influence de Washington. Donald Trump a rapidement exprimé son impatience de côtoyer le nouveau président colombien, Abelardo de la Espriella.

Un autre dirigeant d’extrême droite notable est le président salvadorien Bukele, dont la popularité est inversement proportionnelle à son respect pour la justice et l’état de droit. Ses résultats contre le crime organisé reposent sur une répression sévère touchant également de nombreux groupes de population.

Cependant, il est crucial de ne pas ignorer la volonté et la responsabilité des Colombiens. Des observateurs indépendants, y compris européens, ont confirmé la qualité des élections organisées par des autorités de gauche. Les Colombiens ont élu un extrémiste de droite en raison d’une crise économique persistante depuis environ douze ans, exacerbée par la fin d’une période de prospérité liée à l’augmentation des prix des matières premières. La question de la sécurité, particulièrement en lien avec le narcotrafic, est un enjeu majeur. De plus, le processus de paix avec les forces armées colombiennes a laissé des cicatrices profondes, notamment pour ceux ayant souffert de la violence qui a causé plus de 450 000 morts en cinquante ans.

Enfin, on observe une exploitation des problématiques migratoires. Bien que de nombreux Latino-Américains cherchent à migrer vers les États-Unis, il existe également des mouvements internes importants, avec des Vénézuéliens fuyant la dictature de Chavez et d’autres migrants cherchant à échapper à la misère et à la violence au sein de leur propre région.

Une coalition d’extrême droite qui exploite peurs et replis

Le président colombien intégrerait le « bouclier des Amériques », une communauté regroupant les dirigeants des pays ayant glissé vers la droite radicale ou extrême. Ce mouvement traduit la stratégie d’une internationale brune qui affiche également des objectifs commerciaux et financiers.

Leurs objectifs incluent la lutte contre ce qu’ils appellent « l’interférence étrangère dans l’hémisphère« . Cette interférence désigne principalement l’influence de la Chine, qui a étendu sa présence en Amérique du Sud. Les pays de l’ouest du continent, tournés vers le Pacifique et l’Asie, doivent garder à l’esprit l’importance d’éviter de rompre les liens avec Pékin, particulièrement l’Argentine, qui se bat pour éviter une faillite économique.

Concernant ce « bouclier des Amériques », il serait imprudent de croire que l’Europe reste à l’abri de cette dynamique. À cet égard, le Foro Madrid, initié par le parti d’extrême droite Vox en Espagne, tisse des liens avec les mouvements d’extrême droite en Europe et en Amérique.

Cette internationale est de plus en plus structurée, évoluant d’un conglomérat d’intérêts divers vers une véritable organisation internationale, avec des bases à l’intérieur même des institutions européennes et des connexions en Belgique.