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Ukraine : 40 ans après Tchernobyl, Zelensky dénonce la Russie pour « terrorisme nucléaire »

Le président ukrainien s’est recueilli devant le monument honorant les « liquidateurs » près du réacteur accidenté, un accident survenu le 26 avril 1986 à 80 kilomètres au nord de Kiev. En février 2025, un drone russe a percuté et endommagé une nouvelle coque de protection installée en 2016 sur le site de Tchernobyl.


Près du réacteur accidenté, le président ukrainien s’est recueilli devant le monument dédié aux « liquidateurs », ces centaines de milliers de personnes qui ont nettoyé le site de la pire catastrophe nucléaire civile de l’histoire. Cet accident s’est produit le 26 avril 1986, à 80 kilomètres au nord de Kiev, en raison d’erreurs de conception et de manipulation.

En déclenchant l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la Russie est « une nouvelle fois en train de mener le monde au bord d’une catastrophe provoquée par l’homme », a-t-il déclaré plus tôt sur les réseaux sociaux.

« Le monde ne doit pas permettre que ce terrorisme nucléaire se poursuive, et la meilleure façon d’y mettre fin est de contraindre la Russie à stopper ses attaques irresponsables », a-t-il ajouté.

### La centrale touchée pendant la guerre

Le désastre a causé des milliers de morts au fil des années, a exposé environ 600 000 « liquidateurs » à de fortes doses de radiations, a provoqué le déplacement de millions de civils et a déclenché une montée des mouvements antinucléaires en Europe.

Aujourd’hui, la région autour de Tchernobyl présente un paysage de désolation avec des villes fantômes, des bâtiments en ruine envahis par la végétation, ainsi que des champs et des forêts abandonnés, a constaté l’AFP.

Sur le site même, la situation reste précaire en raison des combats. En février 2025, un drone russe a percuté et endommagé une nouvelle coque de protection installée en 2016.

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a appelé à ce que cette « nouvelle enceinte de confinement » soit réparée « dès que possible », une opération rendue complexe par la guerre.

« Laisser la situation en l’état est problématique », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Kiev.

Si rien n’est fait, un effondrement incontrôlé du sarcophage, l’enveloppe interne construite à la hâte en 1986, pourrait augmenter le risque de rejets de radioactivité, a averti Greenpeace dans un rapport publié à la mi-avril.

### « Mépris pour la vie humaine »

« Le même mépris pour la vie humaine qui a caractérisé la réponse soviétique (en 1986, ndlr) se retrouve aujourd’hui dans les frappes russes contre les villes ukrainiennes (et, ndlr) dans les installations nucléaires occupées », a déclaré la présidente moldave Maia Sandu, présente aux côtés de Zelensky devant le monument des « Héros de Tchernobyl ».

Moscou et Kiev s’accusent régulièrement de cibler une autre centrale nucléaire ukrainienne, celle de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, située dans une zone aujourd’hui occupée par les troupes russes, dont les six réacteurs sont actuellement à l’arrêt.

« Quand le monde traite avec la Russie, chacun doit comprendre qu’il a affaire à une force absolument irresponsable et, à bien des égards, tout simplement insensée, qui doit être réellement contenue pour la sécurité de nous tous », a affirmé Volodymyr Zelensky.

Le dirigeant ukrainien a également appelé à élargir les sanctions occidentales contre la Russie afin d’inclure son industrie nucléaire.

De son côté, l’agence nucléaire russe Rosatom a appelé à « tirer les leçons de cette expérience dans chacune des décisions que nous prenons aujourd’hui, afin d’éviter qu’une catastrophe similaire ne se reproduise ».