
Tensions migratoires à Ceuta : 48.000 migrants rentrés au Maroc, Italie suspend Schengen à Espagne.
Selon Madrid, « plus de 48.300″ retours vers le Maroc avaient été enregistrés au 31 juillet à 18 heures. Cette annonce fait suite à un afflux massif de personnes dans cette enclave espagnole située au nord du Maroc, provoquant une saturation des dispositifs d’accueil.
Une crise aux frontières de l’Europe
Ces derniers jours, Ceuta a connu un nombre sans précédent de migrants, principalement en provenance du Maroc. Les autorités locales espagnoles ont évoqué une situation d' »urgence humanitaire », alors que les centres d’accueil ont rapidement atteint leurs limites.
Face à cette pression, l’Espagne a renforcé ses moyens sur place, notamment par l’envoi de militaires et de policiers supplémentaires.
En France, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a également annoncé un renforcement des effectifs à la frontière franco-espagnole.
Le Premier ministre portugais Luis Montenegro a déclaré vendredi soir qu’il souhaitait un renforcement du contrôle aux frontières terrestres et maritimes dans le sud du pays, à la suite de la crise migratoire à Ceuta.
L’Italie, quant à elle, a temporairement fermé l’espace Schengen à l’Espagne, a annoncé vendredi le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, qualifiant cette mesure d' »inévitable ».
« La suspension temporaire de Schengen avec l’Espagne est une décision nécessaire pour protéger la sécurité de nos citoyens et défendre les frontières de l’Europe. C’est une mesure prévue par les traités et qui est devenue aujourd’hui inévitable », a-t-il écrit sur X.
Contacté par l’AFP, le ministère de l’Intérieur italien a confirmé que l’Italie a fermé à l’Espagne ses points d’entrée maritimes et aériens, tout en précisant que cela n’aurait pas d’impact sur les voyages des citoyens espagnols et européens vers l’Italie.
Les contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l’Espagne seront « ciblés » et ne concerneront que les ressortissants non européens arrivant d’Espagne, a précisé le ministère. La mesure doit rester en vigueur pendant un mois à partir de samedi.
Des enjeux humains et politiques
Cette situation ravive les tensions entre Madrid et Rabat, même si les deux pays affirment vouloir organiser le retour rapide des personnes entrées illégalement à Ceuta.
Parallèlement, plusieurs médias espagnols rapportent des décès de migrants lors de la traversée, soulignant la dangerosité de ces passages.
L’Union européenne, de son côté, déclare ne pas avoir constaté de flux migratoire entre Ceuta et le reste du continent européen.
