
Taxe des millionnaires : Raoul Hedebouw, président du PTB, exige leur contribution
Raoul Hedebouw, président du PTB, souligne que son objectif n’est pas de se réjouir d’une éventuelle chute du gouvernement Arizona, actuellement en quête de 10 milliards d’euros. Malgré des sondages favorables pour son parti, il insiste sur la nécessité de faire reculer le gouvernement sur des mesures qu’il juge injustes, telles que l’augmentation de la TVA, le blocage des salaires et la taxation des services publics. « Ce n’est pas ma tasse de thé », déclare-t-il.
Il note que le mouvement social, au-delà du PTB, a réussi à faire reculer le gouvernement sur certaines décisions, comme l’augmentation de la TVA sur les produits de consommation et la réduction du malus pension. Toutefois, il considère que ces avancées ne sont pas suffisantes.
Concernant la TVA, Hedebouw dénonce son caractère régressif, affirmant qu’elle pèse davantage sur les classes populaires que sur les super-riches. Selon lui, les plus riches ne paient en moyenne qu’1% de TVA, tandis que les travailleurs en acquittent 17%. Il s’inspire des travaux de l’économiste Thomas Piketty, qui plaide pour une contribution accrue des plus riches lorsque les classes moyennes et populaires sont épargnées.
Le PTB propose une taxe sur les millionnaires, qu’il considère comme une alternative budgétaire viable, capable de générer entre 7 et 8 milliards d’euros. Hedebouw juge cette mesure socialement juste.
En ce qui concerne le financement de son programme, qui inclut des mesures telles que l’abaissement de l’âge de la pension et l’augmentation du salaire minimum, le Bureau du Plan a estimé un déficit de 4,8% d’ici 2029. Cela soulève des questions sur la capacité d’emprunt pour un programme aussi à gauche et sur les conditions imposées par les institutions financières.
Hedebouw reste convaincu que les propositions de son parti ne mèneront pas à une faillite de la Belgique, mais il souligne un problème au niveau du secteur bancaire, s’interrogeant sur la propriété de la dette. Il évoque la situation de la Grèce comme un exemple de dictature économique, plaidant pour le développement de banques publiques et critiquant la privatisation du secteur bancaire.
Face à la crainte que les grandes fortunes quittent le pays en raison de la taxe sur les millionnaires, il rappelle que l’expérience française avec l’ISF a montré que seulement 0,23% des personnes concernées ont quitté le pays, tandis que 99% sont restées. « Ce n’est pas le PTB qui le dit, mais le Sénat français sous Sarkozy », précise-t-il.
Hedebouw insiste sur le fait que son intention n’est pas de faire fuir les riches, mais de les inciter à contribuer équitablement. Actuellement, le 1% le plus riche paie 23% d’impôts en Belgique, tandis que la moyenne des travailleurs en paie 43%. « C’est fondamentalement injuste », conclut-il, affirmant que la taxe sur les millionnaires permettrait de corriger cette inégalité.
