Belgique

Sécheresse en Belgique et en Europe : Aurore Degré souligne l’importance de conserver l’eau.

La Belgique fait face à une situation alarmante en matière de ressources en eau, avec une sécheresse qui s’intensifie. Depuis plusieurs semaines, le manque de pluie se fait cruellement sentir, entraînant une baisse significative des niveaux des rivières et des nappes phréatiques. Aurore Degré, professeure d’hydrologie à Gembloux Agro-Bio Tech, souligne que la situation est devenue critique, affectant de nombreux secteurs, de l’agriculture à la pêche, en passant par les activités nautiques comme le kayak. « Ça commence à devenir critique », déclare-t-elle, faisant écho à l’inquiétude croissante face à cette crise hydrique.

Les restrictions d’eau sont déjà en vigueur dans certaines communes, notamment celles qui dépendent des barrages. Par exemple, le barrage de Nisramont se trouve dans une situation particulièrement préoccupante, avec des prévisions de dégradation rapide si les pluies ne se manifestent pas. Les autorités locales doivent envisager des solutions d’approvisionnement en eau par camions pour faire face à cette pénurie.

La problématique de la sécheresse ne se limite pas à la Belgique. En Europe, les conséquences sont tout aussi frappantes. En Hongrie, le Danube a atteint des niveaux si bas qu’une centrale nucléaire a dû cesser ses activités, incapable de refroidir ses réacteurs. Aurore Degré fait état d’un phénomène de plus en plus fréquent et souligne que ces épisodes extrêmes pourraient perturber non seulement le refroidissement des centrales, mais également le fonctionnement d’industries et de centres de données.

Face à cette situation, la chercheuse appelle à une approche plus systémique de la gestion de l’eau. « Aujourd’hui, on gère en moment de crise avec des restrictions », explique-t-elle. Elle plaide pour une réflexion anticipative et globale, soulignant que l’eau, historiquement évacuée pour des raisons d’efficacité, doit être retenue sur le territoire. Avec le changement climatique, il est crucial de repenser la gestion des ressources hydriques, car les précipitations pourraient se concentrer davantage en hiver et devenir plus intenses en été.

Pour Aurore Degré, la solution réside dans la restauration des sols et des écosystèmes. Elle propose de maintenir l’eau sur le territoire en réhabilitant les zones humides et en bouchant les drains forestiers. « Si on a un écosystème plus humide, on est plus robuste face à la sécheresse », affirme-t-elle. Une forêt mieux hydratée pourrait également réduire les risques d’incendie.

Les impacts du changement climatique se manifestent par des événements extrêmes, et garder l’eau sur le territoire est essentiel pour renforcer la résilience face à ces défis. Actuellement, les nappes souterraines, qui alimentent plus de 80% de la population, jouent un rôle crucial. Cependant, si les sécheresses se multiplient, cette ressource pourrait également être mise à mal. Aurore Degré avertit que l’accumulation de sécheresses sur plusieurs années pourrait compromettre l’approvisionnement en eau en Belgique. Elle appelle à une gestion collective de l’eau, en priorisant les usages et en acceptant qu’il faudra faire des choix pour préserver cette ressource précieuse.