Belgique

Sacha : « On est au taquet pour surveiller la forêt de Soignes »

Des forêts en danger : l’alerte des gardes forestiers

Dans la forêt de Soignes, un garde forestier exprime ses inquiétudes face à la menace croissante des incendies. Sacha nous guide vers une zone ravagée par un incendie en 2020, où les traces de destruction sont encore visibles. Les troncs calcinés des arbres, incapables de retrouver leur éclat, sont entourés de fougères. « C’est en partie ce qui explique que cette zone-ci est à risque », souligne Sacha. Il précise que la présence de résineux et de débris secs, comme les aiguilles de sapins et les pommes de pin, augmente le risque d’embrasement lors des vagues de chaleur.

Un autre secteur a également été touché par un départ de feu, cette fois-ci causé par une cigarette mal éteinte. Grâce à l’intervention rapide des promeneurs, le sinistre a pu être maîtrisé sans trop de dégâts. Cependant, les hêtres environnants montrent des signes de souffrance. « Ils détestent les extrêmes, tant le froid que le chaud. Certains ont des coups de soleil et sont en train de dépérir », explique Sacha. Actuellement, 6 % de la forêt est considérée comme à risque, susceptible de brûler plus rapidement.

La responsabilité humaine dans les incendies

Les gardes forestiers surveillent de près ces zones sensibles, car la majorité des incendies sont causés par des actions humaines. Une cigarette mal éteinte ou des déchets abandonnés, tels que des bouteilles en verre, peuvent provoquer des incendies par effet de loupe. Sacha mène des actions de prévention, discutant avec les promeneurs pour les sensibiliser à la nécessité d’un comportement respectueux envers la nature. En cas de non-respect des règles, il n’hésite pas à verbaliser. « Les amendes peuvent aller de 75 à 62 500 euros, accompagnées de peines de prison, selon la gravité des faits. »

Des pluies attendues pour soulager la forêt

Le jour de notre visite, une légère pluie tombe enfin, après plusieurs semaines de sécheresse. « Ces quelques gouttes sont évidemment insuffisantes. Il faudrait qu’il pleuve non-stop pendant des heures et sur plusieurs jours pour réhumidifier suffisamment la forêt et écarter le risque d’incendie. La terre que j’ai ici en main est encore sèche malgré l’averse », déclare Sacha, qui espère une pluie plus abondante.

Un avenir préoccupant pour les forêts

Malgré les efforts de prévention, les canicules devraient se multiplier dans les années à venir. Sacha et ses collègues vont donc devoir intensifier leur vigilance face aux risques d’incendie. « Nous testons de nouvelles essences d’arbres, plus résistantes au changement climatique, comme le chêne sessile et le tilleul à petites feuilles. Mais seront-elles suffisamment robustes ? Le réchauffement climatique progresse si rapidement, alors que les arbres mettent des décennies à croître. Je suis très inquiet, car nous ne savons pas à quoi nous attendre. »