Royaume-Uni : Keir Starmer ne démissionne pas malgré la pression croissante
La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood et la cheffe de la diplomatie Yvette Cooper ont appelé Keir Starmer à fixer un calendrier pour son départ, selon plusieurs médias britanniques. Lundi soir, au moins 70 députés Labour sur un total de 403 avaient appelé Keir Starmer à quitter ses fonctions.
Le dirigeant fait face à des pressions croissantes de membres de son gouvernement. La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood et la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper ont demandé à Keir Starmer de fixer un calendrier pour son départ, selon plusieurs médias britanniques, dont le Guardian et Sky News. Lundi soir, au moins 70 députés du Labour, sur un total de 403, ont exhorté Keir Starmer à quitter ses fonctions.
Une secrétaire d’État britannique a présenté mardi sa démission dans le but de pousser Keir Starmer à se retirer. « Je vous exhorte à faire ce qu’il faut pour le pays et pour le parti et à établir un calendrier pour une transition ordonnée afin qu’une nouvelle équipe puisse mener les changements que nous avons promis pour le pays », a déclaré Miatta Fahnbulleh dans sa lettre de démission, publiée sur X.
Cependant, Keir Starmer a informé ses ministres réunis à Downing Street qu’il souhaitait « continuer à gouverner », selon un communiqué du gouvernement. « Le pays attend de nous que nous continuions à gouverner. C’est ce que je fais et ce que nous devons faire en tant que gouvernement », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre a prononcé un discours lundi matin, considéré comme crucial, mais qui n’a pas réussi à apaiser les tensions au sein de son parti. « Je sais que les gens sont frustrés par la situation en Grande-Bretagne. Frustrés par la politique. Et certains sont déçus de moi », a déclaré celui qui a ramené le Labour au pouvoir en 2024, après quatorze années de gouvernements conservateurs. « Je sais que certains doutent de moi, et je sais que je dois leur prouver qu’ils ont tort – et je le ferai », a-t-il ajouté.
Quatre assistants de ministres ont quitté leur poste lundi, appelant à la démission de Keir Starmer. Parmi eux se trouve Melanie Ward, l’assistante du vice-Premier ministre David Lammy. « Il est clair que le Premier ministre n’a plus la confiance du public », a-t-elle écrit sur X, exigeant une « procédure rapide » pour désigner son successeur.
Le mécontentement au sein du Labour s’est intensifié après les élections locales de jeudi, où le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage a gagné du terrain dans les bastions travaillistes du nord de l’Angleterre et du pays de Galles. Les Verts, plus à gauche, ont également siphonné des voix au Labour à Londres.
Après le discours de Keir Starmer, la députée travailliste Catherine West, qui avait menacé ce week-end de déclencher une élection interne pour trouver un successeur, a atténué ses propos. Elle a demandé à Keir Starmer de fixer un calendrier pour l’élection de son successeur d’ici septembre, une requête signée par 80 députés, selon l’agence britannique PA.
Keir Starmer a réitéré lundi son intention de rester au pouvoir pour « faire le travail » pour lequel il a été élu en 2024. Il a souligné que les électeurs ne pardonneraient « jamais » au parti travailliste s’il reproduisait le « chaos » du précédent gouvernement conservateur, qui avait connu trois Premiers ministres en quatre mois en 2022.
Concernant les potentiels successeurs, selon les règles du Labour, tout challenger doit obtenir le soutien de 81 députés travaillistes, soit 20 % des effectifs du parti au Parlement, pour renverser le dirigeant actuel. Les médias britanniques évoquent des rumeurs selon lesquelles l’ancienne vice-Première ministre Angela Rayner ou le ministre de la Santé Wes Streeting pourraient tenter de démettre Keir Starmer, bien qu’aucun des deux ne bénéficie d’un large soutien au sein du Labour. S’exprimant lors de la conférence annuelle d’un syndicat, Angela Rayner a simplement suggéré que « ce que nous faisons ne fonctionne pas, et que cela doit changer ».
Un autre prétendant, le maire du Grand Manchester Andy Burnham, qui est considéré comme la personnalité travailliste la plus populaire selon les sondages, ne peut pas se présenter, car il ne siège pas actuellement au Parlement. Aucun de ces candidats n’a publiquement appelé à la démission de Keir Starmer.
Dans son discours de lundi, il a plaidé pour « mettre le Royaume-Uni au cœur de l’Europe », afin de relancer son mandat, soutenant que le Brexit avait « appauvri » et « affaibli » le Royaume-Uni. Il a directement attaqué l’europhobe Nigel Farage, leader de Reform UK, en le qualifiant de « profiteur » et d' »opportuniste ».

