
Réélection de Gianni Infantino à la FIFA : un but contre son camp
Gianni Infantino, président de la FIFA, se retrouve dans une situation délicate alors que son image, déjà ternie par plusieurs controverses, est à nouveau mise à l’épreuve. Malgré un soutien apparent de 200 des 211 fédérations membres en vue de sa réélection en 2027, les récentes révélations pourraient bien remettre en question sa position. En effet, des liens controversés avec Donald Trump et des affaires comme celle de Balogun n’ont pas suffi à ébranler son autorité, mais l’idée d’ouvrir le capital de la FIFA à des investisseurs privés semble avoir provoqué une onde de choc.
Le 28 juillet, la FIFA a annoncé son intention de permettre à des investisseurs privés d’acquérir une partie de ses droits commerciaux, incluant les Coupes du monde masculine et féminine ainsi que la Coupe du monde des clubs. Cette décision, qui a été perçue comme le fruit d’une réflexion personnelle d’Infantino, a suscité une réaction immédiate et négative de la part de nombreuses instances du football, y compris l’UEFA, qui a exprimé de vives critiques sur sa gouvernance.
La démission de Carlos Cordeiro, un proche conseiller d’Infantino, a marqué un tournant significatif dans cette affaire. Cordeiro a clairement exprimé son opposition à la proposition d’Infantino, qualifiant cette initiative de « mauvaise chose » pour le football et ses membres. Cette rupture avec un collaborateur de longue date a renforcé les doutes sur la capacité d’Infantino à diriger la FIFA.
De son côté, la Concacaf a dénoncé une gouvernance qui ne respecte plus les intérêts du football. Dans un communiqué, elle a appelé à une révision complète de la présidence d’Infantino, une préoccupation partagée par de nombreuses autres confédérations. L’UEFA a également affirmé avoir perdu confiance en lui, soulignant que les manœuvres secrètes et rapides orchestrées par des personnes peu transparentes ne peuvent plus être tolérées.
La situation est d’autant plus préoccupante pour Infantino qu’il n’est pas le seul candidat à sa succession. Bien que pour l’instant il soit le seul à avoir officiellement annoncé sa candidature, d’autres noms circulent, comme ceux de Victor Montagliani, Salman bin Ibrahim Al Khalifa et Nasser Al-Khelaïfi. Les fédérations ont jusqu’au 18 novembre pour se déclarer, et la pression monte autour d’Infantino alors que le soutien qui lui était acquis semble s’effriter.
Le climat actuel pourrait bien favoriser une coalition des fédérations européennes contre un quatrième mandat d’Infantino. Alors que l’UEFA ne représente que 55 voix, la Concacaf pourrait également se joindre à cette opposition, ce qui pourrait compliquer les calculs pour le président de la FIFA, qui doit obtenir 106 voix pour être réélu. Les récents événements montrent que l’étau se resserre autour de lui, et la question de sa gouvernance reste au cœur des préoccupations du monde du football.
