QRÂ : moins de femmes en prison, quelles conditions de détention ?
Au 21 avril, il y avait 579 femmes détenues pour un total de 13.766 détenus, ce qui représente 4% de la population carcérale. Les femmes sont détenues dans des ailes spécifiques et ne sont pas mélangées aux hommes, principalement dans les prisons de Haren, Lantin et Bruges.
Michèle de Braives a posé cette question :
** »Pourquoi y a-t-il moins de femmes en prison ? Et qu’en est-il de leurs conditions de détention ? »**
L’administration pénitentiaire maintient des chiffres précis concernant le nombre de personnes incarcérées. Au 21 avril, on comptait 579 femmes dans un total de 13.766 détenus, ce qui représente 4% de la population carcérale.
Le nombre de femmes en prison a connu une hausse ces dernières années. Elles subissent également les effets de la surpopulation carcérale. Ainsi, la semaine dernière, 13 femmes dormaient sur des matelas à même le sol dans les prisons de Marche, Mons, Anvers et Hasselt.
**Conditions de détention**
En Belgique, il n’existe plus de prison exclusivement réservée aux femmes depuis la fermeture de la prison de Berkendael à Bruxelles en 2022. Toutefois, elles sont logées dans des ailes séparées des hommes, principalement dans les trois plus grandes prisons du pays : Haren en région bruxelloise, Lantin en Wallonie et Bruges en Flandre.
Bien que les options soient restreintes, les détenues peuvent s’inscrire à diverses activités et certaines ont la possibilité de travailler à l’intérieur de la prison. Dans certains établissements, des activités se déroulent en groupe mixte, hommes et femmes, comme c’est le cas à la prison de Haren.
Il existe également des femmes enceintes qui peuvent être détenues. Après leur accouchement, sous certaines conditions, elles ont la possibilité de garder leur enfant avec elles jusqu’à l’âge maximal de 3 ans. Actuellement, aucune femme enceinte n’est incarcérée, mais lorsque cela se produit, des associations se chargent de l’accompagnement de l’enfant dans une crèche proche de la prison.
**Pourquoi les femmes sont-elles moins nombreuses que les hommes en prison ?**
Dans son étude sur le système pénitentiaire belge et les spécificités des femmes détenues, Emma Toussaint note que les femmes condamnées le sont généralement pour des peines d’un à trois ans, liées à des vols sans violences, des fraudes, des escroqueries et des vols avec violences. Par conséquent, elles purgent des peines plus courtes que les hommes.
De plus, selon la section française de l’Observatoire international des prisons (OIP), la justice tend à être plus indulgente à leur égard.
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