
Procès Gregory Lenoci : le Conseil supérieur de la Justice réagit sur la peine disproportionnée.
Les récents événements au tribunal correctionnel de Namur ont suscité une vive controverse, marquée par des réactions passionnées du public. Des images de l’audience, où Grégory Lenoci a été condamné à 17 ans de prison pour tentative d’assassinat, circulent largement sur les réseaux sociaux, accompagnées de commentaires critiques. Le président du tribunal, Christian De Valkeneer, a exprimé son indignation face à ces manifestations de soutien à Lenoci, qualifiant ces comportements de « totalement inadmissibles et scandaleux ». Il a souligné que la critique d’un jugement ne doit pas se transformer en injures ou menaces à l’encontre des magistrats.
Les faits qui ont conduit à cette condamnation remontent à juillet 2025. Grégory Lenoci, suspectant son voisin Marc P., un homme déjà condamné pour pédophilie, d’avoir abusé de son beau-fils de six ans, a décidé de prendre la justice en main. Il a agressé Marc P. avec une violence extrême, le laissant dans un état critique. À l’époque des faits, Lenoci était sous bracelet électronique, qu’il a brisé avant de se rendre à la police après plusieurs jours. Les experts ont décrit Lenoci comme instable et présentant un risque élevé de récidive.
Le tribunal a jugé que Lenoci avait agi avec l’intention de tuer, considérant la préméditation de son acte. La peine prononcée, de 17 ans de réclusion avec une mise à disposition du tribunal d’application des peines pendant 10 ans, a été perçue par certains comme excessive. Toutefois, des spécialistes du droit rappellent que la loi impose une peine de 3 à 20 ans pour une tentative d’assassinat. L’avocat Me Laurent Kennes a précisé que la récidive de Lenoci a été un facteur aggravant dans la décision du tribunal.
Les critiques n’ont pas tardé à émerger, notamment de la part de figures publiques comme Jean-Denis Lejeune, qui a remis en question l’équité de la sanction. D’autres, comme Georges-Louis Bouchez, président du MR, ont qualifié la décision de « disproportionnée » et ont proposé des mesures législatives pour renforcer la réponse judiciaire face aux crimes sexuels.
Le Conseil supérieur de la Justice a réagi par communiqué, rappelant que l’indépendance du pouvoir judiciaire est essentielle au bon fonctionnement de l’État de droit. Il a souligné que les décisions judiciaires ne doivent pas être influencées par l’opinion publique et que toute partie insatisfaite d’un jugement dispose de voies de recours légales. Le Conseil a également averti que toute atteinte à ces principes met en péril la démocratie.
Les événements récents soulèvent des questions cruciales sur la justice et la manière dont elle est perçue par le public, tout en mettant en lumière les tensions entre les décisions judiciaires et les réactions sociétales.
