Belgique

Procès de l’accident de Strépy-Bracquegnies : 4 ans d’enquête, intention de tuer ?

Paolo Falzone, âgé de 34 ans et originaire de la région du centre, roulait à 174 km/h dans une rue limitée à 50. Antonino Falzone, assis côté passager le 20 mars 2022, est reproché de ne pas avoir appelé les secours une fois sorti de la voiture, son avocat affirmant que son téléphone était déchargé.

Paolo Falzone, un adepte de vitesse

Au cœur de l’affaire se trouve un homme : Paolo Falzone. Âgé de 34 ans, il vient de la région du centre. Les enquêteurs dressent rapidement le portrait d’un amateur de vitesse. Il publiait fréquemment des vidéos sur les réseaux sociaux où il se montrait en train de rouler à des vitesses excessives. L’individu avait également subi un retrait de permis.

Plus de 170 km/h sur une route limitée à 50

La vitesse est en effet un élément central de ce dossier. Les enquêteurs ont établi qu’il roulait à 174 km/h dans une rue où la limite était fixée à 50. D’après les résultats des tests toxicologiques, il ne conduisait pas sous l’emprise d’alcool ou de drogue.

Ce profil et cette manière de conduire soulèvent de nombreuses interrogations. À cette vitesse, l’homme a-t-il conscience qu’il pourrait tuer ? Avait-il cette intention ? Pour les parties civiles, la réponse serait affirmative. Plusieurs d’entre elles estiment qu’à cette vitesse, un véhicule peut être traité comme une arme. Cela impliquerait une intention homicide et pourrait justifier une condamnation pour meurtre.

Cette théorie est contestée par l’avocat de Paolo Falzone, qui soutient depuis le début de l’enquête que son client n’a jamais eu l’intention de tuer. Il parle d’inconscience et de profonds regrets de la part de son client.

La scène a été entièrement filmée

Pour éclaircir cette question cruciale, les jurés pourront s’appuyer sur de nombreuses vidéos. En effet, l’intégralité de la scène a été filmée. D’abord par Paolo Falzone lui-même. Les enquêteurs ont ainsi découvert qu’il se filmait au moment de l’impact. D’autres vidéos, notamment celles des caméras de surveillance des maisons environnantes, seront également présentées lors du procès.

Dans cette affaire, le témoignage et les conclusions de l’expert automobile seront essentiels. Grâce à l’analyse des traces de freinage, des données de l’ordinateur de bord de la voiture et d’autres éléments, il pourra fournir des faits matériels sur lesquels les jurés pourront se fonder pour se faire une opinion. Il conviendra aussi de prendre en compte le reste de l’enquête, les témoignages des différents témoins, ainsi que les auditions de l’accusé, etc.

L’attitude de l’accusé sera également examinée après les premiers impacts. Quelle était sa réaction ? A-t-il tenté de freiner ?

Une autre interrogation se pose : Paolo Falzone, habitant lui-même à Strépy-Bracquegnies, pouvait-il ignorer la tenue du carnaval ce jour-là ? A-t-il choisi de conduire à cette vitesse en toute connaissance de cause ?

Non-assistance à personne en danger

Bien que l’accusé principal soit Paolo Falzone, un autre individu est également impliqué dans l’affaire : Antonino Falzone. Aucun lien de parenté n’existe entre les deux hommes.

Antonino Falzone se trouvait sur le siège passager ce 20 mars 2022. Aujourd’hui, ce qui lui est reproché est de ne pas avoir appelé les secours une fois sorti de la voiture. Son avocat affirme que son téléphone était déchargé.

C’est une déclaration qui peut surprendre, étant donné que les versions de son client ont varié lors de ses auditions. Dans un premier temps, il avait affirmé qu’il dormait au moment de l’accident, avant de dire qu’il était en train de consulter son téléphone lors des premiers impacts.

A-t-il tenté de prévenir les secours ou la police après que la BMW se soit arrêtée ? Les jurés devront également se baser sur les preuves objectives du dossier et sur les déclarations des différents témoins et accusés.

Après quatre années d’enquête, c’est désormais à la justice de rendre sa décision.