Belgique

Polémique sur « l’alcool nuit à la santé » : conséquences dès la première gorgée ?

L’impact de l’alcool sur la santé mentale et cognitive suscite un débat intense, notamment avec l’émergence d’un nouveau slogan affirmant que « l’alcool nuit à la santé ». Ce message, bien qu’il puisse sembler controversé, repose sur des vérités scientifiques indéniables. Selon Thomas Orban, expert en addictologie, même une consommation modérée d’alcool peut avoir des conséquences néfastes sur le cerveau, dès le premier verre. Il souligne que « l’alcool est une drogue neurotoxique », capable de modifier le fonctionnement cérébral sur le long terme. Par exemple, une ivresse occasionnelle peut laisser des séquelles sur le cerveau pendant au moins six mois.

Les effets de l’alcool se manifestent particulièrement sur le cortex frontal, une région clé pour la prise de décisions, l’organisation et la mémoire. Bien que les effets soient les plus marqués durant la consommation, ils persistent, surtout en cas de consommation régulière. Orban précise que dans les universités, un échec sur quatre est attribué à l’alcool, démontrant ainsi son impact sur les performances cognitives, même plusieurs semaines après l’arrêt de la consommation.

Thomas Orban met également en lumière le fait que l’alcool est l’une des drogues les plus addictives, entraînant une dégradation progressive des capacités cognitives. Il déclare : « la drogue dure la plus dure, c’est l’alcool ». Cette déclaration s’accompagne d’une critique de la normalisation de la consommation d’alcool, particulièrement dans des contextes festifs, où ceux qui choisissent de ne pas boire se retrouvent souvent en minorité. De plus, il évoque que la première expérience alcoolique est souvent encouragée par les parents, renforçant ainsi des comportements potentiellement problématiques.

L’addictologue avertit que le risque de dépendance et les effets sur le cerveau sont exacerbés lorsque la consommation débute à un âge précoce. Le cerveau, en développement jusqu’à environ 25 ans, devient plus vulnérable à l’alcool. Orban explique : « Consommer jeune, c’est prendre un risque parce qu’on met une drogue dans cet ordinateur qui est en train de se fabriquer ». Il met en garde sur les conséquences de ces habitudes, qui peuvent fragiliser les jeunes.

Pour approfondir cette thématique, il est possible d’écouter l’intégralité de la discussion dans le podcast des Clés, qui aborde également l’addiction à l’alcool.