
Pétrole dépasse 100 dollars, gaz excède 80 euros : explosion des prix de l’énergie
À 15h15 GMT, les marchés pétroliers ont enregistré une hausse significative des prix. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour une livraison en novembre, a augmenté de 3,29 %, atteignant 101,14 dollars. De son côté, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, a progressé de 3,58 %, s’établissant à 96,36 dollars.
Cette flambée des prix s’accompagne d’une pression accrue sur les produits raffinés. Aux États-Unis, le coût du gallon de diesel a atteint un nouveau sommet, s’élevant en moyenne à 5,94 dollars, selon les données de l’Association automobile américaine (AAA).
Les tensions géopolitiques dans la région du Golfe exacerbent cette situation. L’agence maritime britannique UKMTO a rapporté que plusieurs navires ont été la cible de tirs, suite à l’annonce par l’Iran d’attaques visant une vingtaine de bateaux dans le détroit d’Ormuz, en réaction à des frappes américaines.
Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, a qualifié cette situation de « nouvelle escalade ». Il a averti que si l’Iran intensifie ses attaques contre des pétroliers dans les ports et zones de mouillage d’autres États du Golfe, cela pourrait impliquer une part encore plus importante des infrastructures pétrolières de la région.
En parallèle, l’Iran a annoncé la création imminente d’une zone interdite près du détroit d’Ormuz, qui s’étendra au-delà du Golfe d’Oman, selon les Gardiens de la Révolution.
Du côté économique, le seuil des 100 dollars par baril est perçu comme un niveau psychologique crucial. Kathleen Brooks, de XTB, a souligné que ce seuil pourrait contraindre de nombreuses banques centrales à relever leurs taux d’intérêt, ce qui risquerait d’augmenter les coûts pour les entreprises et les consommateurs, impactant ainsi la croissance économique.
Sur le marché du gaz, la situation est également préoccupante. Le prix du gaz européen a brièvement franchi la barre des 80 euros le mégawattheure, un niveau inédit depuis plus de trois ans et demi. Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence pour le gaz en Europe, a grimpé de 4,52 %, atteignant 79,27 euros, après avoir touché un pic à 80,99 euros.
Actuellement, les réserves de gaz en Europe sont remplies à environ 67 % de leur capacité, alors que l’Union européenne vise un objectif de remplissage de 80 % d’ici le 1er novembre. La demande anticipée pour l’hiver, couplée à une compétition intense entre l’Europe et l’Asie pour les cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), se manifeste dans un contexte d’offre réduite en raison des conflits au Moyen-Orient.
