Met Gala, rachat du Washington Post : portrait de Jeff Bezos.
Jeff Bezos a annoncé le licenciement d’un tiers des effectifs du Washington Post début 2025, affectant les secteurs de la culture, du sport et des correspondants étrangers. Le 4 mai 2026, le Post a reçu le prix Pulitzer pour ses enquêtes sur l’administration Trump.
La mise au pas du Washington Post de Jeff Bezos dès la campagne de Donald Trump
La campagne présidentielle de 2024 a marqué un tournant pour Jeff Bezos, qui a rejoint les positions du candidat républicain, conservateur, et d’une ligne de plus en plus dure et liberticide. Benoit Berthelot explique ce soutien par le côté « opportuniste » du milliardaire, assez éloigné de « l’idéologie affichée frontalement par un Elon Musk par exemple ». Il devient donateur de la campagne et est présent à la cérémonie d’investiture de Donald Trump.
Le calcul est rationnel : face aux menaces de sanctions de l’Union européenne envers les géants de la tech, le protectionnisme américain mis en avant par Trump semble plus avantageux pour les affaires. « On a vu tous ces patrons s’aligner derrière Trump, pour tout simplement se rendre la vie plus facile, sous le mandat de ce président tellement puissant et imprévisible ».
Les affaires de Jeff Bezos sont impactées par ce nouveau positionnement politique. Dès la campagne, il refuse que le Washington Post soutienne la candidate démocrate, Kamala Harris, « ce qui était la tradition dans ce journal », précise Benoit Berthelot. Au début de 2025, une caricature censurée se moquant du propriétaire du journal fait grand bruit aux États-Unis, la dessinatrice annonçant sa démission.
Quelques mois avant que le Post ne reçoive le prix Pulitzer le 4 mai 2026, la plus haute récompense du journalisme américain, pour ses enquêtes sur l’administration Trump, Jeff Bezos annonce le licenciement d’un tiers des effectifs du quotidien, touchant à la culture, au sport, ou aux correspondants étrangers. « Il a aussi redirigé les pages opinions pour qu’elles soient plus tournées vers le libéralisme », ajoute le journaliste spécialiste des médias et de l’économie. « Ce prix a un goût amer », relève-t-il.
Lauren Sánchez Bezos, épouse et partenaire d’affaire pour étendre un empire culturel
Jeff Bezos et Amazon affichent clairement leurs ambitions dans le cinéma et les séries, visant à créer un véritable empire culturel. Soutenir le Met Gala s’inscrit dans cette logique, encouragée par son épouse Lauren Sánchez Bezos. « Elle est très attachée à la mode et à la pop culture. Elle a beaucoup d’amies actrices par exemple », selon Benoit Berthelot. « C’est elle qui a fait un discours, qui a monté les marches. Jeff Bezos était totalement absent des photos, il est resté en coulisses. C’est aussi son influence à elle, elle veut qu’il soit très visible à ses côtés ». Au lieu de l’étiquette du grand patron des techs et soutien de Trump, envisage-t-on celle du couple glamour et people ?
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