Belgique

L’interview culte de Bernadette Chirac chez Thierry Ardisson.

Bernadette Chirac, décédée le vendredi 5 juin, a défendu l’opération Pièces Jaunes lors de son entretien sur le plateau de l’émission Salut les Terriens. Elle a évoqué des souvenirs de sa vie avec Jacques Chirac et a décrit leur mariage à l’approche de leurs 55 ans avec un mot : « effrayant ».


C’est l’histoire d’un rendez-vous inattendu, d’une rencontre en demi-teinte. Bernadette Chirac face à Thierry Ardisson. L’ancienne Première Dame, vêtue d’un tailleur blanc, droite, presque impériale, se retrouve en face de l’homme en noir, à la personnalité royaliste et libertine affichée, sur le plateau de l’émission Salut les Terriens.

Décédée le vendredi 5 juin, Bernadette Chirac laisse derrière elle cette séquence devenue emblématique, conservée par l’INA, qui débute par une réplique qui fixe immédiatement l’ambiance : « Sexe, drogue & rock’n’roll… Vous êtes chez Ardisson, pas chez Drucker. »

### Des anecdotes contre de la lumière pour le caritatif

Venue défendre l’opération Pièces Jaunes, Bernadette Chirac souligne l’importance concrète de cette collecte qui vise à améliorer la vie des enfants hospitalisés, notamment à travers des maisons pour parents, des chambres mère-enfant, des maisons pour adolescents et des pompes antidouleurs.

Cependant, avec Thierry Ardisson, l’entretien dépasse rapidement le cadre caritatif. On y traverse sa vie entière : une enfance austère, le chapelet réconfortant, Sciences Po, puis la rencontre avec Jacques Chirac, jeune homme nerveux, brillant, audacieux, et déjà très prisé. « Il avait énormément de succès auprès des jeunes filles », se souvient-elle, évoquant même de « véritables batailles autour de lui ».

### Chirac avant d’être Bernadette

La discussion aborde également les moments marquants de leur vie politique commune. Elle évoque le soir du 7 mai 1995, lorsque Jacques Chirac lui fait part de son intention de se présenter à l’élection présidentielle ; puis l’année 2002, où Bernadette Chirac se souvient avoir perçu sur le terrain l’ascension de Jean-Marie Le Pen.

Plus légère et mordante, elle parle de Nicolas Sarkozy, de Saint-Tropez, et de ce Jacques Chirac qu’elle n’invitait pas toujours à ses sorties, car cela « ne va pas avec sa mentalité » ; cet époux qui, selon ses dires, n’était « pas tellement drôle », sortait peu, n’aimait pas le mondain, allait rarement au théâtre et détestait « toute forme de musique ».

> « Vous avez une chance formidable de m’avoir épousé. »

Se glisse ensuite la comédie conjugale, aussi charmante qu’implacable. Jacques Chirac lui rappelant que c’est « grâce à lui » qu’elle reçoit des invitations ; lui répétant à maintes reprises : « Vous avez une chance formidable de m’avoir épousé. » À l’approche de leurs 55 ans de mariage, Bernadette Chirac résume la situation d’un mot : « effrayant. »

Fidèle à son image publique, tenue, maîtrisée et presque hiératique, Bernadette Chirac se révèle plus joueuse qu’on ne pourrait le croire. Elle reçoit les piques, en renvoie quelques-unes et, avec panache, accepte de délaisser un moment les salons feutrés de la République pour le théâtre brillant et légèrement irrévérencieux de Thierry Ardisson.