Liège : les académies d’art ne s’opposent pas en musique aux nouvelles économies
Une centaine de professeurs et professeures ont joué de leur instrument ce dimanche près du marché de la Batte pour dénoncer les nouvelles mesures du gouvernement, prises en mars dernier, qui mettent en péril leur fonctionnement. Les directions d’académie ont introduit un recours devant le Conseil d’État, dont la réponse est attendue le 7 septembre.
L’ambiance était sombre ce dimanche près du marché de la Batte. Une centaine d’enseignants et d’enseignantes ont joué de leurs instruments pour faire entendre leurs voix. Ils dénoncent les nouvelles mesures du gouvernement, instaurées en mars dernier, qui compromettent leur fonctionnement. Parmi ces mesures, figure la fin de la gratuité du minerval pour les enfants de moins de 12 ans. Dès la rentrée prochaine, un montant de 94 € par enfant devra être versé à la Fédération Wallonie-Bruxelles, sans que les académies n’en tirent profit.
Une autre mesure significative, qui aggrave la situation : l’arrêt des cotisations complémentaires qui permettaient aux académies de financer l’entretien des instruments, les locaux, ou encore le personnel administratif. Dorothé Pietquin, professeur de guitare et coorganisatrice de la manifestation, affirme que les académies vont subir « une mort par asphyxie ». Elle prédit que ces mesures entraîneront des pertes d’emplois, des fermetures ou des fusions d’établissements, avec des conséquences dramatiques sur l’accès à la culture pour les plus jeunes.
Emilie Chenoy, professeur de musique, souligne que l’académie représente bien plus que la simple culture : « quand on apprend un instrument de musique avec d’autres personnes ou à porter la voix au théâtre, à gérer ses déplacements… On apprend à vivre en société, tout simplement. » Tous les manifestants sont d’accord : les grands perdants sont les enfants. L’accès à la culture risque de devenir plus difficile pour ceux issus de milieux défavorisés.
Les directions d’académie ont déposé un recours devant le Conseil d’État. La réponse est attendue pour le 7 septembre.

