« Les violences sexuelles du Hamas depuis le 7 octobre documentées par la Commission israélienne »
La Commission civile israélienne a analysé quelque 10.000 photographies et 1800 séquences vidéo de l’attaque du 7 octobre, menant plus de 430 entretiens et recueillant des témoignages de survivants, d’experts et de membres des familles. Le rapport conclut que 1203 personnes, dont 815 civils, sont mortes dans les attaques du 7 octobre et que 251 personnes ont été retenues en otages par le Hamas.
Une enquête au long cours
La commission civile israélienne a élaboré un rapport fondé sur une étude considérée comme la plus complète à ce jour, comprenant l’analyse d’environ 10 000 photographies, de 1 800 séquences vidéo de l’attaque du 7 octobre, ainsi que de nombreux témoignages, directs ou indirects.
La Commission indique également avoir réalisé plus de 430 entretiens, formels et informels, recueilli des témoignages et tenu des réunions avec des survivants, des otages libérés, des témoins, des experts et des membres des familles. Des visites sur différents sites concernés ont aussi été organisées. En raison de leur nature, ces documents ne sont pas accessibles au public mais peuvent être consultés par des experts sur demande, précise-t-elle.
Cette enquête a permis d’identifier treize schémas récurrents de violences sexuelles et sexistes, observés dans divers lieux. « La répétition de ces schémas démontre que ces crimes n’étaient pas des actes de brutalité isolés, mais faisaient partie d’une stratégie opérationnelle plus large mise en œuvre pendant l’attaque et ses suites« , précise le rapport intitulé Silenced No more.
Ils ont tout filmé. Ils voulaient que le monde voie ce qu’ils lui faisaient.
Ricarda Louk, mère de Shani Louk, otage tuée à Gaza
L’enquête révèle également que le Hamas a largement diffusé les images de ces abus sexuels. « Des groupes armés ont filmé des actes d’abus, d’humiliation et de meurtre, et ont ensuite partagé ces images sur les réseaux sociaux et via les comptes numériques des victimes. Dans de nombreux cas, les familles ont appris pour la première fois le sort de leurs proches à travers des images ou des vidéos publiées par les auteurs. Cette utilisation délibérée des médias numériques a transformé les actes de violence en instruments de guerre psychologique, visant non seulement les victimes, mais également leurs familles et la société dans son ensemble« , peut-on lire.
Une « base factuelle et juridique solide »
Le rapport indique également que plusieurs victimes ont été agressées sexuellement en présence de leurs proches et qu’ »dans l’un des cas documentés, des membres de la famille ont été contraints de participer à des actes d’abus les uns contre les autres« .
La Commission civile israélienne conclut que la violence sexuelle et sexiste « a constitué un élément central de l’attaque du 7 octobre et de la captivité des otages. […] Ces crimes constituent des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes génocidaires au regard du droit international« . Elle estime enfin que ce rapport constitue une « base factuelle et juridique solide » pour enquêter et juger les responsables.
Le 7 octobre, 1 203 personnes, dont 815 civils, ont perdu la vie lors des attaques. Le Hamas a retenu 251 personnes en otage, parmi lesquelles 85 ont été tuées et 166 libérées. Les victimes avaient des origines provenant de 52 pays différents.

