Belgique

« Les PME bruxelloises s’inquiètent de la suppression de primes : chaque euro compte »

Le ministre bruxellois de l’Économie et de l’Emploi, Laurent Hublet, a annoncé une révision des aides publiques destinées aux entreprises, sans pour autant abandonner leur soutien. Cette décision, présentée comme une adaptation temporaire, répond à une augmentation significative des demandes de primes d’investissement.

L’objectif principal de cette réorientation est de conserver les aides jugées essentielles, notamment celles qui favorisent la création et le développement d’activités économiques. Les demandes soumises avant le 12 août continueront d’être traitées selon les règles en vigueur. Cependant, plusieurs primes de fonctionnement, telles que celles liées à la formation, à la consultance et au coworking, seront suspendues pour une durée indéterminée.

Maxime Galivel, du Centre Dansaert, qui aide les entrepreneurs à Bruxelles, souligne l’importance de ces aides pour les projets d’entreprise. Il indique que près de la moitié des entrepreneurs qui se présentent à son centre bénéficient de ces primes, qui sont cruciales pour financer des expertises externes dans des domaines variés comme la communication ou le développement durable. Il avertit que la suspension de ces aides pourrait avoir des conséquences significatives, forçant les entreprises à financer intégralement leurs investissements, ce qui pourrait ralentir certains projets.

Vincent Leroy, directeur technique de Rayference, une PME bruxelloise, partage ce constat. Son entreprise a également bénéficié de plusieurs aides, qui lui ont permis de maintenir les compétences de ses équipes et de gérer efficacement son développement. Il souligne que même si ces aides ne représentent pas une part majeure de son budget, leur absence pourrait avoir un impact considérable, en particulier dans un contexte économique difficile.

Les représentants des indépendants et des PME expriment des préoccupations quant à cette décision. Julie Lambotte, de l’UCM Bruxelles, critique le timing de cette annonce, qui intervient en plein été, lorsque de nombreux entrepreneurs sont absents. Elle rappelle que pour les très petites entreprises, des montants de quelques milliers d’euros peuvent faire une différence significative. Elle déplore également que le délai de dix jours accordé pour réagir soit insuffisant.

Maxime Fontaine, économiste à l’ULB, met en lumière le contexte budgétaire dans lequel cette décision s’inscrit. Selon lui, le gouvernement bruxellois doit faire des choix politiques pour atteindre un équilibre budgétaire d’ici 2029. Il espère que la suppression de ces aides ne se traduira pas par des coûts plus élevés pour les finances publiques.

Enfin, le ministre Hublet défend cette mesure en affirmant qu’elle est nécessaire pour maintenir les aides à l’investissement, qui ont augmenté de 15 % par rapport à l’année précédente. Il précise que, bien que certaines primes de fonctionnement soient suspendues, toutes les primes à l’investissement, telles que celles liées à la digitalisation, seront maintenues. Au 13 juillet, seulement 1,8 million d’euros des 30 millions d’euros alloués aux entreprises restaient à distribuer, et cette mesure est limitée à l’exercice budgétaire de 2026.