Les pensions actuelles permettent-elles encore d’acheter une maison de repos ?
Séjourner en maison de repos coûte en moyenne 2359 euros en Flandre, soit 372 euros de plus que la pension moyenne. En janvier 2025, la mutuelle socialiste Solidaris avait tiré la sonnette d’alarme sur l’augmentation des prix des séjours en maison de repos et l’écart grandissant avec les pensions en Wallonie et à Bruxelles.
Séjourner dans une maison de repos coûte en moyenne 2359 euros en Flandre, soit 372 euros de plus que la pension moyenne. C’est le constat dressé par l’association Okra, qui s’applique également à l’ensemble de la Belgique.
En janvier 2025, la mutuelle socialiste Solidaris avait alerté sur l’augmentation des tarifs des séjours en maison de repos et sur l’écart croissant avec les pensions en Wallonie et à Bruxelles.
Les maisons de repos de Bruxelles et du Brabant wallon se classent en moyenne parmi les plus coûteuses (respectivement 1985€ et 1941€ par mois, hors suppléments). Les prix diffèrent donc selon les régions (le Hainaut étant la province wallonne la moins chère), mais également en fonction du type d’hébergement (privé-commercial, public/CPAS ou associatif/asbl).
La mutuelle socialiste notait déjà, pour les prix en vigueur en 2023, « une croissance de 38% en 9 ans (50% dans le secteur commercial) » pour les maisons de repos.
Iriscare déclare un prix journalier moyen de 87,12€ dans les établissements privés et de 59,46€ dans les établissements publics pour une chambre simple. Pour une chambre double, ces tarifs sont respectivement de 62,45€ et 53,28€.
En région bruxelloise, l’établissement privé le plus coûteux est situé à Woluwé-Saint-Lambert. « Les jardins d’Ariane » facturent 140,62€/jour pour une chambre simple, contre 49,35€/jour à la « Résidence du parc » à Saint-Gilles.
Les différences sont également significatives en Wallonie. L’Aviq a établi des moyennes province par province : dans le privé, il en coûte en moyenne 85,8€/jour dans le Brabant wallon contre 60,76€ dans le Hainaut.
Les tarifs les plus bas se trouvent dans le secteur public, avec 52,21€/jour en province de Liège, contre 60,92€/jour dans le Brabant wallon.
Ni l’Aviq ni Iriscare ne communiquent cependant le ratio entre le nombre de résidents et celui des employés des maisons de repos. Du côté flamand, Okra a pu fournir quelques chiffres précieux : en moyenne, on compte 44 soignants à temps plein pour 100 résidents. Ce chiffre varie fortement : dans certaines maisons de repos, il n’y a que 20 soignants pour 100 résidents, tandis qu’ailleurs, ce nombre peut atteindre 90.
Le constat d’Okra est clair : les maisons de repos commerciales, qui sont en moyenne les plus onéreuses, emploient en moyenne moins de personnel. En revanche, les établissements publics, gérés par les villes et communes, sont les moins chers et emploient le plus de personnel.
Senoah a également publié un carnet pour aider à mieux préparer son passage en maison de repos.
Depuis plusieurs années, des alternatives à la maison de repos se sont développées, offrant un niveau d’autonomie variable selon les besoins et les envies. L’option la plus prisée est de rester à domicile tout en bénéficiant d’aides à domicile.
Une autre formule connue est la résidence-services, où le pensionnaire loue un appartement équipé à proximité d’une maison de repos, avec des services à la carte adaptés à l’indépendance des résidents.
Plus récents, les habitats groupés offrent divers degrés de participation et de solidarité. Qu’il s’agisse d’une organisation coopérative comme à Jodoigne ou d’un « village solidaire » dans d’autres communes bruxelloises et wallonnes, l’objectif principal est de rompre l’isolement et de permettre de conserver une autonomie plus longtemps.
L’habitat kangourou a également connu un certain succès ces dernières années. Une personne âgée partage son logement avec un étudiant ou une famille (ou un autre ménage) tout en gardant son indépendance, le tout à un coût souvent plus abordable que celui des maisons de repos.
Ces principes reposent sur des règles bien définies, car la loi interdit la cohabitation de plusieurs familles au sein d’une « habitation unifamiliale ». Trois principes sont appliqués :
1. L’unité d’habitation subordonnée ne peut pas représenter plus d’un tiers du volume total de l’habitation.
2. L’unité d’habitation subordonnée est conçue pour accueillir un maximum de deux personnes de 60 ans ou plus, ou deux personnes dépendantes.
3. Les deux parties de l’habitation doivent appartenir au même propriétaire.

