Belgique

Les experts psychiatres témoignent : Paolo Falzone, un homme très autocentré.

Les deux experts psychiatriques ont vu les accusés à trois reprises et ont noté que Paolo Falzone présente des modérations intellectuelles mais pas de retard mental. Selon le psychologue Donatien Macquet, « il n’a pas un profil antisocial » et son comportement montre une personnalité immature avec une tendance à la transgression.


Les deux experts en psychiatrie ont examiné les accusés à trois reprises. Dans leur rapport, ils décrivent Paolo Falzone comme une personne très autocentrée. « Notre première question est toujours de demander pourquoi la personne se retrouve en prison, mais il n’y répond pas vraiment. Il pose beaucoup de questions. Il parle beaucoup de lui. Il faut insister pour qu’il aborde les faits », indique le neuropsychiatre Xavier Bongaerts. Concernant sa façon de conduire, « Paolo Falzone parle d’une vitesse un peu plus rapide que d’habitude, 70 km/h. Il déclare être sonné par les faits. Il ne mentionne pas la gravité. Il minimise les choses ». Pas de problèmes familiaux, une scolarité difficile, plusieurs relations avec des femmes mais sans engagement.

« Paolo Falzone présente des modérations intellectuelles mais pas de retard mental. »

Lors de la reconstitution des faits, l’accusé a du mal à exprimer ses émotions : « Il est poli. Pas de problèmes de comportement, mais il a du mal à verbaliser ce qu’il ressent. Il a fallu lui expliquer ce que sont la panique, la tristesse, etc. Selon lui, c’est lui qui souffre, qui est en prison, qui a des problèmes. » Des tests de personnalité ont été effectués. « Au vu des observations, Paolo Falzone présente des modérations intellectuelles mais pas de retard mental. Il n’a pas un profil antisocial. Nous observons qu’il a une personnalité immature, une tendance à la transgression avec un besoin de sensations fortes. Il veut être fort, désirable. Le « paraître » est important », explique le psychologue Donatien Macquet.

Les avocats des parties civiles posent ensuite des questions. « Dans votre premier rapport, Paolo Falzone vous explique qu’il parlait au passager, Antonino, au moment de l’impact. Il assure qu’il a dévié son attention de la route et, lorsqu’il a levé les yeux, il a vu les Gilles, c’est exact ? », demande Me Dimitri de Béco au psychologue. La réponse est positive. La défense de Paolo Falzone souligne alors que l’accusé n’a pas conscience de ses propres limitations intellectuelles. « Certains témoins ont détecté un certain comportement autistique au volant », précise Me Frank Discepoli. Cependant, les experts affirment n’avoir constaté aucun trait autistique problématique.