Belgique

Les Engagés contestent la taxation MR des patrimoines > 500.000 euros.

Yvan Verougstraete propose une contribution annuelle pour les patrimoines financiers dépassant 500.000 euros, visant à taxer les 5 % des plus riches tout en « épargnant les classes moyennes et l’épargne de précaution ». Les Engagés et le MR sont au coude à coude dans les sondages, tandis que l’idée d’un impôt sur la fortune bénéficie d’un soutien massif parmi la population, y compris dans l’électorat de droite.

Taxer les riches : la question des 500.000 euros soulevée par Yvan Verougstraete

Yvan Verougstraete manifeste son soutien à une contribution annuelle ciblant les plus hauts patrimoines financiers. Cette contribution n’inclut pas le patrimoine immobilier et ne s’applique progressivement qu’à partir de 500.000 euros de patrimoine financier. L’objectif : imposer les 5 % des plus riches tout en « épargnant les classes moyennes et l’épargne de précaution« . L’enjeu est de générer deux milliards d’euros de recettes sur un effort évalué à 14 milliards d’euros. Le président du MR a d’ores et déjà rejeté cette idée, la qualifiant avec une nuance qui lui est propre de « rage taxatoire, une proposition plus radicale que celle des communistes, une folie économique« .

MR et Engagés : adversaires et alliés

Cet échange révèle la compétition de plus en plus intense entre les deux partenaires. Les Engagés continuent de grignoter l’électorat du MR : les deux partis sont désormais très proches dans les sondages.

Cependant, ces sondages montrent également que l’idée d’un impôt sur la fortune bénéficie d’un large soutien populaire, même parmi les électeurs des partis de droite. Yvan Verougstraete en a bien saisi l’importance : cette proposition vise à continuer d’attirer les électeurs de centre-droit et tenter de garder ceux de centre-gauche. À l’inverse, Georges-Louis Bouchez estime que s’opposer fermement à toute forme d’impôt pourrait ramener certains libéraux égarés vers le MR.

Retour en 2024 sur la taxation des grandes fortunes

À y regarder de près, on pourrait penser à une campagne électorale de 2024. Les Engagés avaient alors proposé une vaste réforme fiscale censée générer 450 euros nets de plus pour ceux qui travaillent, en améliorant et en alourdissant la taxation du capital. Ils rejoignaient partiellement, avec des nuances, des initiatives du PS, d’Ecolo et du PTB sur la taxation des grandes fortunes. Le MR, quant à lui, se positionnait en opposition à ces propositions, en faisant savoir partout grâce à son slogan « 50 nuances de gauche, et nous ».

En accédant au pouvoir avec le MR, Les Engagés ont rapidement mis de côté leurs promesses de réforme fiscale d’envergure et de rééquilibrage en faveur du travail et de la classe moyenne. En Wallonie, les premières mesures ont même inversé cette tendance, avec une diminution des droits d’enregistrement et des droits de succession.

Au niveau fédéral, Les Engagés ont soutenu Vooruit sur la taxation des plus-values, contre le MR et la N-VA. Cependant, la réforme fiscale ambitieuse censée alléger les revenus du travail et instaurer plus d’équité et de justice est restée dans les cartons.

Manifestement, Les Engagés souhaitent désormais rouvrir ces dossiers et apparaître non pas seulement comme simple soutien de Vooruit, mais comme initiateurs d’une quête de justice fiscale pour la classe moyenne. Un calcul qui ne modifiera probablement pas les équilibres au sein du gouvernement, entre l’aile droite et l’aile plus centriste. Néanmoins, cela augure d’un débat plus ouvert dans les semaines à venir sur les options pour résoudre l’équation budgétaire.

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