
Les caméras de surveillance sont-elles efficaces à Bruxelles face aux fusillades ?
À Bruxelles, les caméras de surveillance sont présentées comme un outil utile contre le trafic de drogue et les fusillades, mais leur efficacité réelle est freinée par plusieurs limites techniques et organisationnelles. L’enquête montre qu’une partie du parc est vieillissante, qu’une autre tombe régulièrement en panne, et que la surveillance ne suffit pas sans moyens humains suffisants pour exploiter les images.
Un parc important, mais inégalement performant
Le procureur du roi de Bruxelles, Julien Moinil, estime que les caméras font partie des moyens majeurs pour lutter contre les gangs et les points de deal. Il juge toutefois la qualité d’une partie des images médiocre. Au centre de contrôle vidéo de Safe.brussels, des policiers surveillent en continu les flux provenant d’environ 4.000 caméras accessibles aux forces de l’ordre bruxelloises.
Selon la police de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles, un quart des caméras qu’elle gère directement, soit une centaine sur 400, sont aujourd’hui considérées comme trop anciennes. Elles doivent être remplacées, mais le calendrier reste partiel : la Ville de Bruxelles évoque un plan prévoyant une quarantaine de remplacements d’ici environ un an, sans préciser le sort des autres appareils.
Qualité d’image, pannes et obstacles de terrain
Les policiers interrogés expliquent que toutes les caméras ne se valent pas. Certaines permettent difficilement d’identifier des visages ou des plaques d’immatriculation, alors que d’autres, plus récentes, offrent une image nettement plus exploitable. La police affirme néanmoins que les caméras de meilleure qualité situées à proximité compensent souvent les lacunes des modèles plus anciens.
Le problème ne se limite pas à l’âge du matériel. Plusieurs sources évoquent aussi des pannes, des actes de vandalisme et des caméras rendues inutilisables par la végétation. Entre une caméra sur cinq et une sur quatre serait régulièrement hors d’usage en Région bruxelloise. Dans certains cas, il faut couper des branches pour dégager le champ de vision, mais la procédure dépend de l’autorité compétente : plus simple sur une voirie communale, plus lente sur une voirie régionale, où l’intervention passe par Bruxelles-Mobilité et peut nécessiter un sous-traitant.
La surveillance dépend aussi des effectifs
Le syndicat de police SNPS rappelle qu’une caméra n’est utile que si des agents peuvent regarder les images en direct, les analyser et intervenir ensuite sur le terrain. Or, selon Frédéric Fortunato, les zones de police bruxelloises manquent actuellement de personnel. Il souligne aussi la saturation des parquets, des tribunaux, des prisons et des IPPJ, ce qui limite la suite donnée à certaines interpellations.
Au final, le procureur du roi et le syndicat s’accordent sur un point : Bruxelles dispose déjà de beaucoup de caméras, mais cela ne règle pas à lui seul la question des fusillades. L’enquête laisse ouverte la question des remplacements à venir, de la maintenance et des moyens humains nécessaires pour transformer la vidéosurveillance en outil réellement efficace.
Ce qu’il faut retenir
- La police bruxelloise gère directement 400 caméras, dont environ 100 sont jugées trop anciennes.
- Les images de certaines caméras sont difficiles à exploiter, et entre 20 % et 25 % des appareils seraient régulièrement hors d’usage selon plusieurs sources.
- Les autorités et le syndicat soulignent qu’il faut aussi des effectifs, des interventions rapides et d’autres réponses que la seule vidéosurveillance.
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