
« L’École IT de Bruxelles, en faillite, accusée d’escroquerie envers des étudiants africains »
Scoth, un jeune Camerounais de 29 ans, avait quitté son pays il y a trois ans avec l’espoir de devenir informaticien. Sa famille avait économisé pendant longtemps pour financer son rêve, investissant 7500 euros par an dans ses études dans une école privée à Bruxelles. Aujourd’hui, malgré un parcours académique exemplaire, il se retrouve sans diplôme, car l’établissement ne bénéficie pas de la reconnaissance de la Fédération Wallonie-Bruxelles. « J’ai fait tous ces efforts et ces sacrifices pour venir à Bruxelles, je ne peux pas laisser tomber », déclare-t-il.
La situation est d’autant plus désespérée pour de nombreux étudiants africains ayant investi des sommes considérables pour étudier en Belgique. « Plein de parents en Afrique ont mis leurs espoirs, payé des sommes astronomiques pour envoyer leurs enfants étudier à Bruxelles. Pour au final quoi ? Rien », se lamente Scoth, alors que l’école IT, où il était inscrit, a fermé ses portes.
Patrice, un autre étudiant, se trouve dans une situation critique. Son visa arrive à expiration dans dix jours et il craint l’expulsion. Son rêve de revenir au Cameroun avec un diplôme est désormais compromis. « On avait un contrat avec ma famille. J’avais deux ans pour réussir mes études. Ils ont dépensé beaucoup d’argent. Et là, je n’ai pas de diplôme, c’est comme si j’étais venu en Belgique pour rien », confie-t-il, visiblement abattu.
L’école IT, située en plein cœur du quartier européen de Bruxelles, a attiré des étudiants principalement d’Afrique, avec 100% de son effectif provenant de ce continent. Scoth a remarqué l’absence d’étudiants belges, soulignant que l’établissement semblait cibler des étudiants vulnérables. Un membre de la direction, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confirmé que les frais de scolarité élevés avaient conduit à un recrutement quasi exclusif en Afrique. Il a également attribué les difficultés financières de l’école à des impayés de la part des étudiants, affirmant que plus d’un million d’euros avait été injecté par les actionnaires sans succès.
La situation s’est aggravée en 2025, lorsque l’Office des étrangers a décidé de ne plus délivrer de nouveaux visas aux étudiants de l’école, soupçonnée de faciliter l’immigration irrégulière. Cette décision a eu des conséquences dramatiques : sans nouveaux étudiants, l’établissement a perdu ses revenus, entraînant la fermeture de ses campus en France, où environ 200 étudiants étaient également inscrits.
Des anciens enseignants, comme Maxime Fauquemberg, dénoncent des pratiques qu’ils qualifient d’escroquerie. « C’est vraiment de l’escroquerie ! Ils ont continué à recruter des étudiants à Bruxelles alors que l’Office des étrangers avait officiellement indiqué qu’aucun visa ne serait plus accordé », s’insurge-t-il. Le membre de la direction a rejeté toute intention frauduleuse, attribuant les problèmes financiers à la perte des visas.
Pour les étudiants, l’avenir est incertain. Certains tentent de trouver une nouvelle école pour régulariser leur situation, tandis que d’autres cherchent désespérément à prolonger leur séjour en Belgique. Malheureusement, le curateur chargé de la faillite a averti que les chances de récupérer les milliers d’euros investis sont minimes, laissant ces jeunes dans une détresse tant financière que psychologique.
