
L’Arizona est-elle seule responsable de la dette et du déficit belge ?
L’Arizona se prépare à un défi budgétaire colossal, avec un objectif de 10 milliards d’euros à atteindre d’ici 2029. Ce plan vise à équilibrer les finances publiques avant la fin de la législature, en réponse à un déficit qui s’élève actuellement à 25,68 milliards d’euros, soit 5,3 % du PIB, bien au-delà du seuil de 3 % fixé par l’Union européenne.
Cette situation soulève des questions sur les origines de ce déficit. Qui en porte la responsabilité ? Pour comprendre les enjeux, il est essentiel de distinguer entre la dette et le déficit. Julien Vandernoot, expert en finances publiques à l’UMons, explique que la dette représente l’accumulation des déficits passés, tandis que le déficit est une mesure annuelle des dépenses dépassant les recettes.
Sur le plateau de « QR le débat », Hélène Latzer, économiste à l’UCLouvain, a souligné que la situation actuelle n’est pas uniquement le résultat des décisions du gouvernement en place. Elle évoque des facteurs externes, tels que l’augmentation des dépenses de défense et les chocs énergétiques récents, qui ont contribué à la hausse du déficit. Elle précise que les taux d’intérêt en hausse alourdissent également le poids de la dette, qui avait été contractée à des taux très bas.
Pierre-Yves Dermagne, chef de file du PS à la Chambre, a réagi en affirmant que, même si la situation est complexe, la responsabilité du déficit actuel incombe principalement à l’Arizona. Il rappelle que les investissements dans la défense étaient déjà prévus dans le budget et que le rapport du comité de monitoring de mars 2026 avait déjà signalé un doublement du déficit avant même les récents événements géopolitiques.
Dermagne a également souligné la dégradation de la crédibilité de la Belgique sur les marchés financiers, ce qui aggrave la situation. Il a mis en avant que la lenteur des réformes et l’incapacité à répondre aux attentes des agences de notation ont des conséquences directes sur les taux d’intérêt.
Concernant les effets des mesures budgétaires, le député Michel De Maegd (Les Engagés) a appelé à la patience, expliquant que les résultats des décisions prises au Parlement ne se manifestent pas immédiatement. Il a ajouté que le gouvernement a déjà commencé à corriger la trajectoire budgétaire, avec des résultats encourageants.
Cependant, Dermagne a mis en garde contre des prévisions trop optimistes en matière de recettes, affirmant que le budget initial de l’Arizona reposait sur des hypothèses irréalistes. Il a évoqué la nécessité d’une approche plus prudente pour éviter de réduire le pouvoir d’achat des ménages, ce qui pourrait nuire à la croissance économique.
Enfin, Julien Vandernoot a nuancé la responsabilité du gouvernement en matière de déficit, reconnaissant que certains éléments échappent à son contrôle. Néanmoins, il a insisté sur le fait que les décisions budgétaires actuelles doivent être prises avec prudence, car elles ont des répercussions directes sur les finances publiques.
