
La région Mullerthal, au Grand-Duché du Luxembourg, à quelques kilomètres de la Suisse ?
Alain Muller, notre guide bénévole, nous invite à explorer la région. Avant de commencer, il nous offre une brève leçon d’histoire sur l’origine de son nom : « Au début du tourisme dans les années 1870, des personnes venaient des Pays-Bas et de Belgique. Elles avaient suffisamment d’argent pour se rendre au Luxembourg et passer quelques jours au frais, mais pas assez pour aller en grande Suisse, la véritable Suisse. C’est ainsi qu’est née l’appellation de petite Suisse luxembourgeoise. »
« Nous avons choisi la Suisse comme référence en raison des sentiers qui montent et descendent. Il y a beaucoup de falaises », explique Alain. « Et pour ceux qui ne pouvaient pas voir les grandes cascades des Alpes françaises ou suisses, ils étaient contents avec les petites cascades que l’on trouve ici. »
Notre balade débute par les cascades les plus célèbres de la région : celles de Schiessentûmpel. Bien qu’il soit encore tôt, de nombreux touristes sont déjà présents. L’eau y est cristalline, certains s’y trempent les pieds, d’autres les pattes.
Tous, absolument tous, prennent des photos. Parmi eux, deux touristes françaises, Brigitte et Carole. L’une a visité la Serbie, l’autre la Corse. Mais pour toutes deux, ces paysages luxembourgeois sont à couper le souffle. Il y a même des Luxembourgeois, comme Thierry, un habitué des lieux : « La première fois que nous sommes venus ici, nous sommes tombés un peu sur notre derrière… Ce que j’aime ici, c’est la nature, la sérénité et le calme, même si les cascades font du bruit ! »
Alain nous conduit ensuite dans des gorges. Nous devons monter des marches taillées dans la roche pour découvrir un paysage époustouflant. Parfois, les parois sont si étroites qu’il faut se faufiler.
Ces deux jeunes touristes flamandes sont émerveillées. « C’est incroyable de trouver cela si près de chez soi. Ces paysages sont tellement différents de chez nous. C’est vrai que cela ressemble à la Suisse. »
Alain, véritable historien des lieux, nous explique comment ces gorges se sont formées. « Vous avez la couche rocheuse au bord du plateau et en dessous, une couche d’argile. Cette couche d’argile est en pente vers la vallée, et les rochers reposent sur cette argile. L’eau de pluie tombe sur les rochers, s’infiltre et s’écoule par le bas. Argile et eau, c’est glissant. Donc, les rochers glissent vers le bas. À ce moment-là, ils craquent. Certains rochers restent en haut, d’autres descendent. Cela craque et vous avez des îlots qui se déplacent vers le bas. Ainsi, ces gorges et ces crevasses se forment, offrant une température idéale en cas de canicule. »
Ce qui est fascinant, c’est que ce paysage est en constante évolution. Qui sait à quoi il ressemblera dans quelques années ?
La région regorge également de lieux légendaires, comme cette île du diable, où des arbres poussent dans la roche ! Leurs racines se trouvent à des dizaines de mètres plus bas. La légende raconte que le diable était jaloux de la beauté de cette région. « Le diable a saisi un morceau de ce plateau rocheux, il a tiré avec ses griffes, vous pouvez d’ailleurs voir les marques laissées dans la roche, et il a retiré le rocher du plateau. C’est ainsi que l’île du diable a été créée. »
Non loin de là se trouve le repaire des brigands. Bien qu’il n’y ait plus de brigands aujourd’hui, des chauves-souris y ont pris leur place. Pour y accéder, il faut descendre par une échelle étroite, puis ramper vers la sortie. Mieux vaut avoir une lampe de poche.
Patrick, un touriste bruxellois, sort du repaire, satisfait de cette découverte et de son séjour dans la région : « C’est magnifique. Nous ne pensions pas qu’à moins de 300 kilomètres de Bruxelles, il y ait des endroits aussi variés. On fait un détour et paf, un autre paysage. Cela porte bien son nom de Petite Suisse. »
Cette région regorge d’autres décors époustouflants, des châteaux, de quoi ravir les randonneurs et les touristes moins sportifs.
